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22 juillet 2025 2 22 /07 /juillet /2025 18:32
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

 

préambule : cet hiver  Helene m'a patiemment corrigé ce texte qui était du vrac et voilà que voulant vous le partager ,je ne retrouve que le "vrac" ,tant pis ,ce n'est pas une question d'ordre c'est juste une question de mémoire

c'est très très long ,mais c'est notre village dans ce qu'il a d'immatériel, des gens qui l'ont façonné ,fait vibrer,et il faut que la tradition orale demeure

Les lieux ont la couleur ,le parfum,la tessiture du regard que l'on porte sur eux,

vous parler de mon village,c'est replonger dans ces images brouillonnes et parfois brouillées de mon enfance et vous entrainer a découvrir le plus beau village du monde..ou presque

Quand nous étions gosses , nous pêchions dans les douves du chateau, des goujons,et quand la chance nous souriait ,une carpe, je crois qu'il n'y a plus de goujons... a savoir pourquoi.....

j'ai encore dans mes neurones l'odeur de l'eau des douves, quand, au sortir de l'eau un poisson , elle se répandait sur les pierres plates et moussues des parapets sur lesquels nous étions appuyés avec nos bouts de canne

,je peux vous dire les fougères accrochés aux pierres, les trois grenouilles sur la rive coté château

Une de nos conseillères municipales, m’interrogeant sur ceci ou cela de l'histoire de notre village m'a fait réaliser combien la mémoire était volatile et combien nous sommes de passage

je mesure aujourd’hui combien j'ai oublié d'interroger mes parents sur notre histoire familiale et combien ceci a disparu a jamais

je me suis donc amusé a coucher sur le papier ces souvenirs ,en vrac ,parfois répétés

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

 A force de me sentir jeune, je réalise que je porte désormais une partie de la mémoire de mon village, de ces anecdotes qui n’ont d’intérêt que pour une poignée d’entre nous , mais qu’il serait dommage de perdre définitivement

Alors, rien n’est ordonné, mais je vais écrire comme cela me vient, trois lignes ou un chapitre suivant la mémoire

Comme je suis arrivé très môme ici, la seule grande activité que nous avions était de pêcher les goujons dans les douves du château

 je réalise avec le temps combien ces douves ont été centrales pendant toute une période, d’abord parce qu’il y avait des bistrots partout ,trois sur la place ,un en face de la mairie ,deux a mulleron et un a la brosse….

en fait, la plupart des bistrots étaient stratégiquement installés près des fermes qui employaient des journaliers, jusqu’à 500 par jour a la belle saison des petits pois ,

main d’œuvre constituée essentiellement de clochards ramassés a paris par une société qui les ramenait a la demande des agriculteurs dans le village

Journalier, cela veut dire payé chaque jour, parfois a la tache effectuée, j’ai moi-même été payé au sac de pommes de terre ramassé

 cela veut dire qu’a peine la paye touchée, ils filaient au bistrot pour étancher leur soif,

En 1955, le maire de la commune reçut une pétition des habitants n’en pouvant plus des corps gisants sur les places de la commune, du « stupre » et des vomis et excréments qui souillaient le village

Le château d’eau ,désormais rasé, rue du grand cèdre servait de prison municipale et de cellule de dégrisement

je me souviens de mr boussuge, garde champêtre avec lequel, j’ai quelques souvenirs qui perdurent et dont je parlerai plus tard, un double souvenir de ses tenues, de toile rugueuse grise et de velours marron côtelé, mais aussi de sa casquette de garde champêtre

Une époque où a la « grande ferme », comme a celle de la brosse, notamment, on vendait le lait sorti tout droit du pie des vaches

 le soir a l’heure de la traite chacun arrivait avec son bidon ,pot a lait en aluminium, a l’entrée de l’étable, il y avait ce mélange de parfums, certains diraient d’odeurs, du lait chaud, capiteux, presque fumant et celle du fumier, de l’odeur des bêtes, contraste étonnant entre ce blanc immaculé et une étable au sol par nature souillé ,pas de traite électrique dans ma mémoire, ni chez les larue ni chez les rousseau a la brosse

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

mr joseph adorait un peindre,un tableau par jour au moins et surtout et avant tout des images resurgies de sa mémoire d'enfant de janvry

L’époque aussi où la forge de monsieur joseph et surtout de son père battait son plein, mais voyait arriver la mécanisation

celui qui remonte la rue du marchais en observant bien, découvrira des anneaux scellés dans les murs des façades des maisons qui remontent ainsi jusqu’ a la forge ,car, en fait, le lundi matin ,sagement alignés le long de la rue et venues des fermes se trouvaient les bêtes qui avaient besoin d’un ferrage

ma jument est sans doute le dernier cheval que mr joseph a jamais ferré, dieu sait  s’il avait une dextérité folle pour travailler le fer, mais pour le ferrage il avait un peu perdu la main ! et avait mis a ma petite jument des fers de cheval de labour comme si on avait chaussé une jeune fille avec des bottes de taille 48 !

La rue du marchais, le lundi matin devenait donc une sorte de foire de maquignons avec les bêtes attachées aux anneaux tout le long de la rue montante et les vachers et garçons de ferme a discuter en attendant leur tour

en haut on entendait battre le fer

A l’Age où je pêchais le goujon ,les tracteurs avaient pris le pas ,la rue avaient perdu ce rendez vous quotidien

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

sur la place, Christiane tenait son bar épicerie où le beurre avait souvent attendu le client et dont le cours suivait aussi la tête du client  ,un bar bruyant qui avait la préférence des chasseurs et des boulistes qui occupaient l’arrière de l’église

ensuite le café du père lucas, avec sa pompe a essence, sa terrasse en extérieur,ses faux colombages et son enseigne où l’on pouvait « apporter son manger »

chez lucas ,qui faisait aussi tabac ,surtout tabac a priser,le « gris » et gitanes maïs ,il y avait une délicate vitrine avec la balance en bronze pour peser le tabac ,un tourniquet avec les cartes postales de janvry très sépias, peu étaient en couleurs, qui révélaient une guerre d’éditeurs entre les cafés de la place

et surtout sur la droite en rentrant, pour nous, les gosses ,il y avait la réserve avec les fils ,les hameçons et les bouchons ,ressource indispensable au regard de ce que nous perdions de matériel accroché aux ronces et aux fougères qui nichaient dans le mur des douves

chez Lucas ,c’était plutôt les vieux a gapettes avec la gitane ,le comptoir était petit et trône désormais dans notre foyer des bois .

La pompe a essence a été longtemps une pompe a bras avant de se moderniser

dans ma mémoire d’enfant, c’était la marque avia ou star

 

Enfin la bonne franquette toujours restée a cette enseigne même si "dans le temps » elle s’appelait l’hôtel des voyageurs » et même si un temps elle est 

elle est devenue le Bacchus friand, elle est revenue dans les années 90 a ses fondamentaux

Madame cousset était le maitre des lieux , petite bonne femme hyperactive et autoritaire

je crois, mais je me trompe peut être, qu’il y avait anguille sous roche entre monsieur lucas et madame cousset !

Pour nous, les douves étaient l’observatoire idéal durant les heures d’attente avant que d’espérer qu’un bouchon s’enfonce frénétiquement et que notre cœur batte plus fort

, La bonne franquette, c’était pour nous les mômes « la bonne table » quand on pouvait se payer un diabolo menthe

je ne peux jamais en boire un, sans penser a ces instants, a chacun sa madeleine de proust ! ,

c’était aussi la cabine téléphonique de janvry avant d’être récupérée par monsieur lucas et bien plus tard par pierrette beslot femme du garde champêtre indemnisée pour « tenir » le téléphone public ! « et cela ce n’est le moyen âge ce sont les années 70 !

j’ai toujours pensé que cette indemnité avait été créé, pour faire un petit plus, pour essayer d’attirer un employé communal dans ces années où la France était en plein emploi et où il n’était pas facile que cela de recruter

En attendant la cabine publique était a la bonne franquette ,un téléphone en ebonite avec un poussoir latéral qu’il fallait agiter plusieurs fois pour « faire » de l’électricité et obtenir l’opératrice

 cérémonieusement madame cousset ,tendue comme un arc, annonçait « ici le 1 tout seul a janvry » ,le 1 tout seul a JANVRY restera à vie gravé dans ma mémoire et celui qui aujourd’hui a le 016490 0001 a hérité du numéro de la première ligne téléphonique arrivée sur janvry

Le grand évènement, dont je ne me souviens plus de fréquence (madame beauchet me glisse que c'était le mercredi) car j’étais vraiment minot ,c’était l’arrivée du cinéma ambulant ,toujours a la bonne franquette

on débarrassait la salle du fond et le monsieur déballait tout de sa voiture et projetait « le » film

sincèrement aucune mémoire de plus, sinon que cela remplissait la salle

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

la mémoire d'un village est faite de transmissions ,de bribes ,de détails ,quand l'occasion m'est donnée, j'écris pour avoir tant regretté de ne pas avoir interrogé a temps mes parents sur notre histoire familiale et les anciens de janvry sur ces petits riens qui font la vie d'un village, croyant les uns et les autres immortels et en se disant que l'on a "le temps"

Patricia a partagé sur les réseaux sociaux une photo de monsieur Boussuge et de son épouse  ,bien sur ,cela ne dit pas grand-chose a grand monde ,mais moi, c’est mon enfance

C’était le garde champêtre de janvry ! quand je devais a voir 5/8 ans ,a l’époque un garde champetre cela mettait de temps en temps son uniforme mais surtout armé d’une binnette et d’une brouette cela grattait les routes

Monsieur boussuge a eu sa seconde de gloire anonyme quand il a tourné le role d’un … garde champêtre sur la place de janvry lors du tournage de « paris brule ‘t il » il tenait en laisse un berger allemand apartenant a la famille boutelot de la brosse ,nous les momes on était ésbaudis

Mr boussuge ,en dehors de ses heures de  travail ,faisait les jardins ,a une époque où il y avait plus de trente pour cent de résidences secondaires a janvry …

Il venait chez nous aussi ,je l’ai déjà raconté ,mais avec l’âge je dois me répéter ,je trainais souvent avec lui ,c’était une force de la nature ,un peu taciturne ,en tout cas dans mon regard d’enfant,

il devait habiter place de la fontaine a mulleron en tout cas, il y avait, au moins un appentis ,car un jour au fond de celui ,je vois dans le fouillis ,un sabre ,un tambour et un vieux pistolet a silex …

Quelques mois plus tard ,un mois de juin ,c’était l’anniversaire de mon père ,amateur d’objets anciens, et je me vois passer d’un pied sur l’autre le long de plate bande que mr boussuge binait dans notre jardin me demandant comment j’allais lui demander ,

pour finir je me suis lancé ,et sollicité  de récupérer le pistolet ,je dois avouer que j’étais tenté de demander le sabre aussi, mais je me suis dit qu’il ne fallait pas en demander trop, au risque de d’essuyer un refus généralisé

J’obtins le pistolet a silex et je me procurai ,par l’intermédiaire de ma mére , une bouteille de champagne pour remercier

Des années ,plus tard, presque trente ans, mon père me redonna le pistolet en question, en le nettoyant sur le canon ,il est gravé « garde  champêtre de janvry 17… »clin d’œil du destin, je venais d’être élu maire de mon village ,j’ai pris mes dispositions pour qu’un jour ,il revienne au patrimoine communal

j'ai souvent regretté de ne pas avoir osé tout lui demander ,l'homme était brave et ce petit bout de souvenir de notre village qu'étaient le tambour du garde champêtre ,et le sabre ne seraient pas perdus 

Mr boussuge a donc tourné dans « « paris brule t il » cette superproduction hollywoodienne car deux scènes ont été tournées a janvry, notamment sur la place de janvry parfaitement reconnaissable,

Mr boutelot avait écrit un roman a clés sur JANVRY intitulé ‘les grands ensembles » a l’époque où le projet de ville nouvelle des Ulis avait failli se faire dans la plaine a la sortie de JANVRY vers la brosse

Dans « paris brule t il « on voit bien la place de JANVRY l’entrée de la grande ferme, le plan qui suit on voit le bois de Montmartre avant que le « lotissement » n’y soit construit

Le bois de montmarre a l‘époque appartenait au château et a la famille reille , elle le laissait a disposition des habitants ,on y glanait le bois, j’allais aux champignons avec les « enfants » de madame barra ,coule mêle ,rosés amélioraient le lapin du dimanche

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Je parle peu de l’église car, de mon coté, je ne l’ai fréquentée que dans les bancs du fond où les jeunes gravaient leur noms et leurs messages amoureux et où nous guettions les filles du village ,j’ai d’autres anecdotes avec l’eglise mais elles viendront plus tard

Je me souviens par contre de mr joseph ,ce personnage incroyable a mes yeux forgeron terrible qui battait le fer avec rudesse et application qui nous faisait agiter le soufflet jusqu’a ce qu’il l’ électrifie, quand il se tenait devant son feu a battre la matière incandescente, il fallait attendre et rien ne l’aurait interrompu sauf peut-être la venue de mon père pour qu’il vouait je crois un grand attachement

Durant la guerre notre village ne s’est pas couvert de gloire, les allemands occupaient le château ,la plupart des agriculteurs se sont refait une santé financière grâce aux produits qu’ils vendaient soit a l’armée allemande soit au marché noir ,c’est un fait ,il faut l’assumer et comment ne pas dire que certains, heureusement pas de janvry ,se postaient sur la route de Limours pour vendre de l’eau a boire aux parisiens qui partaient pour l’exode,

chacun dit ici que les agriculteurs la famille de cokere de frileuse et le grand père brichard ont sauvé l’honneur,ce qui ne veut pas dire que ,localement, on ne s'entraidait pas ,cela veut dire que pour des "étrangers" c'était plus difficile

je sais que c'est un sujet inabordable et source de blessures,sur lequel un chappe de silence reste posée

quant a la résistance ,si elle fut relativement discréte ,j'ai la dessus une théorie toute personnelle  :

 durant la guerre la direction nationale du parti communiste était a trois têtes : charles tillion,  caché a limours ,jacques duclos a palaiseau ,et benoit frachon a forges les bains, une des imprimeries clandestines du parti communiste avait été déménagée a gometz la ville ,

nos trois clandestins, recherchés par toutes les polices , sillonnaient le Hurepoix en velo sous prétexte de peinture amateur pour se retrouver !

 j'ai la profonde conviction que la résistance de  façon non affichée avait été priée de ne pas faire risquer une arrestation a un barrage de ces trois hommes en ayant une activité trop marquée dans ce triangle géographique

 a lire sur le sujet l'excellent livre d'emmanuel de chambost  les cyclistes du hurepoix

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

claude sarraute et jacques becker realisateur notament des amants de montparnasse

Un peu piteux de savoir que madame nathalie sarraute ses filles et le réalisateur jacques becker venus se cacher des rafles dans la maison du jardinier de la chanson ont du s’enfuir de notre village suite a une dénonciation

A JANVRY, vivait un monsieur pouillot ,un monsieur sans grand relief, qui avait tenu au lendemain de la guerre et jusqu’en 1990 un magasin sans âme et poussiéreux de chaussures dans la commune de Limours

un monsieur tout le monde, un quidam , un peu gris, sans charisme. Pourtant un matin de 1940 mr pouillot, qui ne lisait pas plus les journaux qu’un autre ,qui n’avait une conscience politique avérée , a fermé la porte de sa maison de JANVRY et est parti, a pied, vers l’Espagne, c’est loin l’Espagne ,a pied ,même en temps de paix

Il a traversé les Pyrénées ,s’est évadé de geôles espagnoles où on l’avait enfermé, est passé par Gibraltar, le maroc, avec une énergie désespérée a rejoint Dakar, pris un bateau rejoint Londres s’est enrôlé dans la 2°db, a débarqué en France est arrivé avec sa colonne jusqu’à Limours est remonté a vélo a janvry pour embrasser les amis et a rejoint sa colonne pour foncer vers l’Allemagne

Qui de nous ferait cela ? qui plus est dans ces conditions ?

Toute ma vie, je m‘interrogerais sur ce qui il y a eu de certitude sacrée au fond de monsieur pouillot et qu’est-ce qui l’a fait naitre

J’ai connu mr pouillot qui habitait rue du marchais a la fin de sa vie, dans une situation financière délicate, avec l’étonnement pour moi d’être face a un héros et a un mystère

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Le « jour de la libération » jean joseph s’est précipité pour accrocher un drapeau français en haut du clocher, mais sur la route de chantecoq ,les villageois ont cru voir arriver une colonne allemande ,

jean joseph a regrimpé vite fait descendre le drapeau jusqu’à ce que la colonne en question se révèle être l’armée canadienne !

sur les photos ,l'oeil attentif reconnaitra le virage de la mairie  et sur l'aile de la jeep ,pierrot bachman un de nos plus anciens du village qui demeure encore au même endroit ,la dernière maison a la sortie du village ,et c'est sa mére qui pose a l'avant de la jeep

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

A janvry ,il y avait aussi les « nourrices » ,ces dames a qui on confiait des enfants de l’assistance publique

chez nous, madame goussard et madame barra avaient cette occupation, madame goussard habitait place de la croix verte ,elle avait élevé mon ami Dominique ,je crois que, lui ,a fait toutes les bêtises de la terre jusqu’ a faire le pari de monter en haut d’un poteau électrique pour toucher le fil et retomber brulé sur une partie du corps au 3° degré,ce n'est pas sans émotion que nous avons embauché sa fille léna pour travailler au bar de la plage cette année 

madame goussard ,qui avait une tête de sorcière, et qui me faisait peur l’appelait « le bandit » avec une tendresse inimaginable, elle passait ses journées près de sa porte vitrée a observer le va et vient ou a balayer devant sa porte

quand c’était le cas ,je passais mon chemin de peur de croiser son regard et pour atteindre le bois de montmarre, je faisais le tour du village

des années plus tard devenu maire ,j’ai eu moins peur et nous avons souvent parlé de son mari qui avait été garde chasse et qui avait écrit un livre de souvenirs qui avait été édité "Gibiers et nuisibles Souvenirs d'un garde-chasse".

Toutes ces maisons « ouvrières » ou de rue du bas de village ont été en partie construites quand le cimetière a déménagé de derrière l’eglise vers son emplacement actuel au début du 20 °siecle

le terrain donné par le châtelain était constitué de meulières ,il a été autorisé aux ouvriers agricoles et autres de se servir pour bâtir leur propres maisons et ainsi dégager le site du cimetière

Autant dire que, malgré cet avantage, le déménagement du cimetière a constitué un traumatisme durable et passionnel :situé au préalable autour de l’eglise

il ne fait pas bon, encore aujourd’hui, d’y creuser trop profond a moins d’aimer les restes humains….mais je reviendrais sur l’église plus tard

La deuxiéme « nourrice » du village était madame barra, une réfugiée républicaine de la guerre d’Espagne, une grande matrone que j’adorais et qui élevait une nichée a géométrie variable comme elle pouvait, et a l’espagnole

D’elle je n’en dirais pas plus, car elle est l’actrice de secrets de familles encore très présents dans le village, mais de sa maisonnée un peu

 enfant, c’était mon havre ,mon « lieu » a janvry ,moi le petit bourgeois ,j’y passais tout mon temps  avec toute la bande d’enfants de » l’assistance « 

madame barra partageait cette maison qui était l’ancien bistrot épicerie en face de la mairie avec les duchauffour, ma mémoire défaille, mais je ne suis pas sûr que les relations étaient des plus cordiales

mr duchauffour était le président des boulistes donc certainement un peu communiste, c’était comme cela a l’époque, mais je me trompe peut être ,il avait une aussi grosse voix qu’une forte corpulence, ils partageaient la maison

 madame barra a l’étage et les duchauffour au rez de chaussée ,je crois, et surtout le jardin un long couloir divisé en deux avec son puits

A janvry nous avons deux types de puits : les puits de surface que l’on trouve dans pratiquement dans toutes les maisons anciennes, ils récoltent les eaux a deux mètres ou trois,les eaux de ruissèlement  ,les eaux qui sont bloquées par une couche argilo pierreuse

 Comme nous sommes en bord de plateau a janvry a mulleron et la brosse,la couche de limon se rétrécit et les eaux sont accessibles avec des troux de faibles profondeurs, c’est même pour cela que des maisons se sont implantées là,notre village et ses hameaux ont été implantés où l’on pouvait trouver de l’eau ,c’est la geologie qui dicte

la deuxième sorte de puits sont les deux que nous trouvons ,un refermé sur la place de janvry qui a fourni un temps l’eau a tout le village et celui de mulleron sur la place de la fontaine

là on ne plaisante plus, plus de 85 mètres de profondeur au moins pour percer la couche de limon ,les 2 mètres de couche d’argile et les 75 mètres de sable de fontainebleau ,des puits creusés et montées a la pierre meulière magnifiques !

Bien sur, autant dans les puits de surface, l’eau peut être de qualité médiocre car peu filtrée, autant l’eau qui est passé a travers l’énorme filtre en sable est totalement exempte d’impuretés

a janvry ,sur la place, on savait quand il allait pleuvoir car le puits « sifflait » ,du fait du changement de pression atmosphérique

 

Le jardin de madame barra, n’était pas un jardin; mais un vaste clapier ,poulailler qui lui permettait de joindre les deux bouts et de nourrir toute la marmaille,

c’est là ,où j’ai fait mes premières armes avec les animaux, où j’ai appris que c’était aussi de la nourriture nécessaire a la subsistance des hommes

Dans je ne sais quelle tombola, a sept ans ,j’ai gagné un dindon, je n’avais pas une sympathie particulière pour l’animal, mais c’était le mien et c’était mon premier animal ,officiellement mes parents prélevaient sur les 5 francs par mois d’argent de poche que je recevais pour payer la pension du dindon a madame barra

c’était pour moi un prétexte supplémentaire a passer mes journées dans cet univers que j’adorais

Les conditions d’accueil pour les enfants étaient ,limites, il y avait des fratries entières ,des massacrés de la vie, mais dans la cuisine de madame barra quand on se mettait a table les mains étaient propres lavées a la pierre a évier et sous la rudesse, il y avait assez d’amour pour que le lapin sorti du clapier la veille ,énucléé et « proprement » tué ait ce gout ineffable de paix et de sérénité pour ces rescapés de la vie

ma mère s'est beaucoup impliquée au point d'avoir suggéré la création de la maison pour enfants de l'"assistance" a la "chanson", mais j'y reviendrai   

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

l'on  passe de l'ane au coq, puisqu'il s'agit là de l'église ,qui sont ,sans logique, et qui n'obéissent  qu'a ces réminiscences de mémoire qui me dictent d'écrire

 j'implore toute personne qui a la sensation que l'on parle d'elle ou de sa famille de bien mesurer que je me suis attaché a ce que personne ne puisse décoder ,et qu'en aucun cas, je ne souhaiterai blesser qui que ce soit

A l’entrée de janvry avant  la place de la croix verte  croix verte, la colonne dite de "la mère des douleurs" vient rappeler qu’une châtelaine de JANVRY est morte en couches, les douleurs sont silencieuses pour les petites gens, plus publiques pour les autres

Retour a l’église, les plans montrent que le parvis était beaucoup plus grand, prenait une partie de la place du village et on le devine quand on regarde les douves du côté du monument aux morts ,une vaste esplanade aujourd’hui disparue qui laissait un passage pour passer de la « grande ferme » a la « petite ferme » dite maison des chevaliers

 rue du clos des vignes, face a la grande ferme sur la droite existait par le passé la ferme saint simon qui a pour seul vestige,la grange transformée par l’architecte caillard en résidence secondaire et qui a été le théâtre d’une fête phénoménale quand j’avais 5 ans dont je me souviens ,

c’est sur l’emplacement de la ferme que fut construit le presbytère ,

dans le jardin du clos saint simon, il y a une mare, ,j’ai toujours pensé qu’ils s’agissait de la trace d’une souterrain écroulé partant du château de janvry comme la légende fait courir le bruit que les châteaux de la région étaient tous reliés par des tunnels dernier traumatisme de la guerre de cents ans

Le cœur de l’église date du 14° siècle et elle a été agrandie peu a peu, sur la nef de gauche, la pierre tombale de jehan de baillon chevalier de marivaux et ancêtre de …..celine Dion

 

quant a Magdeleine la cloche, nous avons appris récemment qu’elle avait été fondue par les mains du même maitre fondeur que les cloches de notre dame de paris

Je connais mal les démêlés d’un curé de janvry convaincu qu’un tableau de l’église était un chef d’œuvre de Rembrandt qui se débattit pour le faire reconnaitre en vain, perdu le curé ,perdu aussi le tableau !

A l’église, une entrée privative coté château permettait aux maitres de lieux de se rendre directement à leurs places réservées, je l’ai connu enfant, la pratique a cessé…..

Traditionnellement depuis 1958 le pouvoir politique a JANVRY a quitté l’église et le château , alors qu’il était entendu que le vrai conseil municipal se tenait sur le parvis le dimanche matin a la sortie de la messe, du coup une sensation caricaturale de dom Camillo

Il faut savoir que le vote communiste a janvry était très important et représentait presque 40% des voix 

au point que la folie clochemerdesque peut atteindre des sommets, dans les années 1990 ,nous nous sommes acharnés a tenter de redémarrer le mécanisme de l’horloge ,des heures de patience et de nettoyage, pour retrouver systématiquement dès le jour suivant  le mécanisme bloqué par de la fiente ,du sable ,de la terre. Une époque qui a, a peine changée ,où certains se considéraient comme propriétaires des lieux 

de guerre lasse, nous avons démonté le mécanisme ,il est désormais rangé ,nettoyé dans le grenier de la mairie a l’abri des diaboliques

idem pour le cadran qui trône désormais dans l’escalier de la mairie, quant au coq tiré tant de fois par les chasseurs sortis des bistrots , son corps repose aux archives, nous l’avons remplacé

c’est sur le parvis de cette église que pour la première fois ou presque Fabrice Lucchini a joué devant un public, je me souviens de disposer les bancs au bas des marches et du petit film en super 8 que j’avais tourné a l’epoque

c’est aussi pour moi le souvenir de 1968 et des pompes funèbres en grève avec ma mère nous contraignant mes frères et moi a jouer les croque morts habillant la méhari rouge sang de mon frère de draps noirs pour en faire un corbillard de fortune,où il fallait tenir le cercueil en roulant car il glissait sur le plastique de la carrosserie …. Il fallait bien l’enterrer le pauvre homme ! ma mère pouvait nous faire faire n'importe quoi ... certains qu'ils savent de qui je tiens 

 

 

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Si j’ai évoqué abondamment la forge du maréchal ferrant ,je crains d’avoir oublié deux, trois points

celui qui  fut , nommé Hotel des voyageurs ,fut un des presbytères du village, car le dernier connu en date est rue du clos des vignes, presbytere qui servi aussi d’ecole primaire au 19° siecle

l’hôtel des voyageurs devenu  la bonne franquette

 

Dans la salle du fond a la bonne franquette, comme je l’ai déjà écrit , s’installait le cinéma ambulant ,il déballlait tout ,sortant ses appareils de sa camionnette, en soit même c’était un spectacle ,

les chaises du bistrot étaient disposées sagement en ligne et la séance pouvait commencer ,bien sur, il y avait quelques piliers de bistrot au bar qui parlaient trop fort, mais le « cinéma » était a janvry 

j'ai déjà parlé des diabolos menthe de madame cousset qui étaient comme la cerise sur le gateau, pour nous les mômes, après une pêche au goujon dans les douves du chateau et sont une de mes madeleines de proust personnelles,impossible aujourd’hui encore, de boire un diabolo menthe sans penser a ces instants 

bien qu'en cas de manque de matériel de pêche ,il fallait aller chez monsieur Lucas qui tenait le bistrot a colombage  et faisait la distribution d'essence avec une pompe manuelle que je rêve de réinstaller

je ne sais pas pourquoi ,mais, dans mon souvenir d'enfant, il y avait anguille sous roche entre mr Lucas et madame cousset ....en tout cas, c'est monsieur Lucas qui vendait le tabac a priser a l'aide de sa balance trônant dans la vitrine du comptoir,le comptoir a été sauvé et tient sa place  désormais au "foyer des bois" de la commune  

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Place de croix verte, une fois par an, arrivait une drôle de machine mi locomotive mi alambic ,c’était le bouilleur de cru,

le souvenir de silhouettes courbées sur leurs brouettes chargées de cuves ,tonneaux en tous genres dans lesquels les fruits macéraient ,pas forcément une odeur de rêve

De mémoire ,la dernière autorisation de distiller venait de la famille larue ,quant aux vergers ,ils ont peu a peu disparus ,celui du clos des bergères, le grand verger de la chanson que mes parents avaient acquis, oubliées les prairies qui donnaient refuge aux pommiers ,poiriers ,mirabelliers comme a la brosse ,ou mulleron,en partie ,rayées de la carte  par le remembrement   …..

un jour le bouilleur de cru n’est plus revenu et fini cet instant magique, où il ouvrait le petit robinet a la première distillation avec un alcool a des teneurs en alcool ….élevées....tres élevées 

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Je n’ai pas connu les « charbonniers » qui allaient en forêt fabriquer du charbon de bois,notamment dans la foret de la roche turpin  ,des métiers de misère ,terribles .des gens marginalisés par les bien-pensants du village

 

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Et le château de janvry ? ,c'est assez révélateur,en fait,historiquement le château a toujours eu sa vie propre

le grand tournant s’est effectué quand ,peu a peu ,les fermes qui dépendaient du château sont devenues propriété des agriculteurs ,mouvement qui s'est fait a partir des années 60/70

jusque là ,le rapport propriétaire/exploitants avait une influence sur la vie locale,ceci s'est étiolé, sans jamais complètement disparaître 

enfant  ,j'étais impressionné par la personnalité tutélaire de jean Reille, châtelain de l'époque, grande classe,un homme qui se sentait des droits, mais aussi des devoirs a l'égard du village

mes démêlés avec les successifs gardes chasses du fait de mes escapades enfantines dans les bois de janvry donnaient lieu a des retours au chateau tenu par l'oreille et présentation ,terrorisé, a jean reille qui me disait qu'il allait voir mes parents, ce qu'il faisait, mais juste pour aller boire un verre .....quant a moi je crois connaitre ces bois sur le bout des doigts

j'ai déjà du évoqué cette fille du garde de chasse qui était une beauté  qui nous poussait a pécher plus que de mesure du coté du pavillon de chasse ...

quant au château ,j'ai en mémoire cette idée restée a l'état de projet ou tentée a une occasion, d'une chasse a courre 

le fait qu'il soit fermé au public et a la visite ,entretenait les fantasmes sur la "prison",le "théâtre" ,avec ceux qui d'un air suffisant ou important expliquaient que "eux" connaissaient" ,avaient vu ,avaient été reçus

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le cimetière a été déplacé a son lieu actuel a la fin du 19° et début 20° siècle,  cela a donné lieu a des drames et des déchirements dont j'ai déjà parlé,

ce déchirement a failli se reproduire quand ,après le passage sanglant de l’autoroute a travers la plaine ,on annonça l'arrivée du tgv qui devait longer l'autoroute, non pas du coté gauche, en allant vers la province mais du coté droit ,c'est a dire a travers le cimetière et donc encore plus près de janvry bourg

j'ai la naïveté de penser que la sncf a changé ses plans devant le caractère sacrilège du projet,

Dans les projets qui ont fait trembler, il y a eu aussi celui de construire, a la sortie entre  janvry et la brosse , vers gometz ,une ville nouvelle dans la plaine qui se serait appelée "les ulis" ,imaginez ….mais le projet a fait perdre des nuits de sommeils a beaucoup

je bénis celui qui a eu l'idée de la construire plus prés de bures et d'orsay

Et beaucoup plus récemment, le projet de créer un parking pour 250 camions entre la station service sur l’autoroute et le bourg pour lequel il a fallu guerroyer

 

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la chanson

Il y a, a janvry ,pour celui qui passe  rue du grand cédre ,une belle propriété derrière d'imposantes grilles,le nom de rue du grand cédre ,vient du cèdre immense qui avait poussé  dans le parc et qui était classé comme l’arbre le plus haut de la région parisienne ,il fallait a nous, les gosses être 8/9 pour l’enlacer en faisant le tour

pour beaucoup d'entre nous ,c’était un des cœurs battants de la commune habitée pendant 4 générations par une même famille,

»la chanson, c'est l'histoire d'une famille chassée par la révolution russe qui reconstruit sa vie et son univers dans notre village avec des personnages immenses, surgis du passé comme fedor chaliapine, tenor russe celebrissime, et ,pour gagner leur vie ,transformé en une sorte de restaurant ,rapidement  une pension de famille  voir hotel  qui s'honore de la présence, de personnalités comme coco chanel ou Gerard philippe, une bourgeoisie parisienne venait y passer le week end ,jusqu’au moment où les clients ont suggéré a leurs hôtes de garder les enfants pendant que ,eux ,partaient en vacances, ainsi commencera la phase « home d’enfants »  

Sous l’impulsion de ma mère ,un changement radical se fit beaucoup plus tard ,puisque un agréement  avec l’assistance publique en fit une pension réservée aux enfants de DDAS (a la place des nourrices) pilote avec des moniteurs,des personnes aidant aux études etc …

une maison qui accueillera, bien des enfants qui pour beaucoup en feront leurs racines pour combler les blessures

 je garde en moi, l'odeur de cire d'abeille qui y régnait ,du grenier aux milles mystères et milles déguisements pour les soirs de spectacle

 

 de l'immuable cuisine, deuxième lieu de vie de la maison, avec sa pierre évier polie par au moins un siècle d'usage, des souvenirs de dames repassant et faisant la cuisine, du père "jeannot" vieux boyard russe qui ne s'était jamais appelé jeannot avec ses grosses bottes de caoutchouc ,sa gapette ,sa barbe blanche et ses gitanes maiis, charriant par la petite porte les poubelles

 j'ai ce souvenir de gerard Philippe déambulant dans les allées du parc et que nous avions consigne formelle de ne pas déranger

 le premier lieu de vie de la maison ,le cenacle ,là où quand tu étais convoqué ,c'était pour prendre une engueulade ! la magnifique salle avec son immense baie vitrée

ces murs ont vibré de cris d'enfants, de fêtes très joyeuses, de diners des notables locaux,

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
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combien de photos en noir et blanc avec monsieur le maire ,son épouse ,le docteur petitjean (le père) son épouse, mes parents  et plein de gens que la vie a emporté

combien de photos des spectacles des enfants avec mon frère menant la danse, avec jacques mastalsky et tous les autres

certains de ces enfants ont crée des groupes  musicaux comme le ""bonheur des dames», (cela ne va pas dire grand-chose ,mais si, si je vous assure au top dans les années 70)

 beaucoup viennent frapper a la porte avec émotion, du haut de leurs 80 ans parfois ! ils ont formé une sorte d’association « les chansonniers » et je suis en contact avec eux en permanence et nous les recevons pour dejeuner a la petite ferme tous les deux ans

mon souvenir de la grand-mère smirnoff qui disait "un homme qui ne boit pas ,qui ne fume pas et qui ne fait pas l'amour, ce n'est pas vraiment un homme"

souvenir d'igor,le père de famille , qui gérait son immense potager, c’est là, où j'ai vu pour la première fois de ma vie un artichaut en fleur, j’étais enfant, je l'ai totalement dans ma mémoire par sa beauté

igor qui poussait une énorme brouette métallique avec une grande roue caoutchoutée et qui activait un feu permanent a la forme d'un volcan dans le sous bois,où en fait il brulait les poubelles … car a l’epoque ,l’evacuation des ordures menagères se limitait a allaer tout jeter en vrac au bout de la rue des bezelles ,dans un trou formé par une ancienne carrière de sable …

 igor qui se tenait prudemment a distance de cette maison ,où nastia ,son épouse était la patronne, le chef d'orchestre et la maitresse des lieux et qu'il regardait avec tendresse, adoration et un peu de crainte ,je crois

la légende veut que tolstoi prenant les eaux a forges les bains soit monté ici, en fait, c’est possible et probable car cette maison est un roman russe, avec ses drames, ses larmes ,ses passions outrées, ses générosités, et ses âmes blessées

 ces lieux, ce parc ,ses allées, ses arbres ,ont fabriqué mon enfance, les arbres avaient un nom, le rhinocéros, la pieuvre etc..l'étang où nous faisions du patin a glace,l'hiver, les patins étaient encore là ,il n’y a pas si longtemps  ,le terrain de volley, la balle au prisonnier,l’arbre des secrets où les enfants qui s’y rendaient n’avaient pas le droit de se mentir ..

  les allées amoureusement entretenues par igor qui nous permettaient des courses folles en velo, tout est en pointillisme dans a mémoire

cette maison ,c'est aussi coco chanel débarquant avec ses lévriers dans  une décapotable rose flanquée de deux femmes longilignes ,joseph kassel,

Gerard philippe gribouillant les murs de sa chambre,sans doute un peu ivre ,murs hélas repeints

c'est "la plus belle fête de l'été" organisée sur les 5 hectares  vers 1960 ,un investissement cinglé suggéré par les bobos parisiens locaux qui avaient oublié que la metéo est capricieuse je me souviens du spectacle d'apocalypse des manèges répartis dans le parc s'enfonçant dans la boue due  a un déluge  incroyable ,les manèges de travers ,le ring de boxe ou l'on l'attendait l'"ange blanc" disparaissant sous l'averse ,la télévision annulant sa venue (il n’y avait qu’une chaine ,un exploit qu’elle eut imaginé de se déplacer)

 la soirée russe avec musique tzigane  et caviar oubliée,

la ruine annoncée pour le budget municipal ,si les espagnols,c’est-à-dire les refugiés espagnols qui habitaient janvry ,les femmes de ménages et leurs maris  n'avaient pas organisé, dans la grange saint simon , une fête  impromptue,complétement folle,avec flamenco improvisé et chants républicains, avec vente a l'encan de tout ce qui était possible et ont réuni ainsi l'argent pour boucher le trou de cette folie ,il parait que le maire mr cornut gentil,térré dans son bureau devant la ruine du village pour une fête a failli tomber dans les pommes quand on lui a remis l’argent

il y eut même un temps où la chanson avait sa succursale : une sorte de boite de nuit, salle des fêtes pour copains qu’ils avaient appelé « le chose » dans les bâtiments occupés aujourd’hui par « les cimaises » , derrière ces bâtiments il y avait la grange avec la calèche ou le vieux smirnoff allait chercher,dans le temps,  les clients a la gare d’Orsay ,face a la gare ,il y avait des garages a diligences et des boxes pour les chevaux

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

la place de la fontaine a mulleron ,en fait l'ensemble des ces batiments constituaient une seule et unique ferme

tout cela est en vrac  :

le mort qui bougeait encore 

 

Ma mère a été maire de JANVRY, un jour, le garde champêtre de JANVRY vient lui annoncer qu’un clochard est décédé a chante coq....

il faut savoir que la commune finance le cout des enterrements des indigents…aussi, ma mère a demandé si le corps était bien sur JANVRY et pas sur briis.....

 »a la limite madame le maire ,dans le fossé,50 cm de plus et il est sur briis »

et bien sur la tentation a été grande de repousser un peu le corps….et le corps s’est déplacé de 50 cm au grand soulagement des finances communales…

 Deux heures plus tard, le garde champêtre est revenu voir ma mère car le corps avait de nouveau refranchi la frontière….

tel un zombie, le clochard décédé a ainsi franchi 5 fois la frontière entre janvry et briis !

Jusqu’à ce qu’un accord intercommunal prenne en charge la sépulture…

autre clochard qui vivait dans le lavoir de la brosse et qui avait affirmé « l’hygiène c’est essentiel ! Je me lave les pieds un fois tous les six mois même si je n’en ai pas besoin ! »

Avant d’oublier, il faudra un jour que l’on retrouve l’histoire de ce docteur madeuf qui habitait la ferme de marivaux et qui était encore plus fou que nous tous réunis, puisque la tradition populaire dit qu’il chevauchait une autruche dressée et qu’il descendait même a la gare d'orsay avec pour prendre le train

  il la laissait en stabulation dans les boxes a chevaux qu’il y avait en face de la gare puisqu’à l’époque les taxis étaient des diligences

Je ne sais qui m’a conté cette histoire mais elle si précise et si improbable qu’elle doit être vraie et que je me promets d’investiguer

.jacques Larue m’avait confirmé l'existence de ce docteur madeuf et son coté excentrique sans plus avoir de mémoire

 A mulleron certains toits sont très pentus ,ce sont ceux qui dans le temps étaient couverts de chaumes, les maisons des plus pauvres

la place de la fontaine avec son puits profond est en réalité une ancienne ferme et aujourd’hui encore,il existe  quelques rancunes tenaces a propos de la « bretonne » qui donnait a boire a sa vache avec l’eau du puits gratuite !

Jalousie sans objet, a l’égard d’une mère courage que j’ai connu et qui me laisse des jolis souvenirs

Dans les année 70 ,la municipalité décida de créer des logements pour permettre « a des jeunes du village de rester au pays ou d’y revenir »,

je ne sais plus très bien si jean reille offrit le terrain ou l’échangea contre un des maisons, toujours est-il que la partie de droite du bois de montmarre quand on sortait du village fut lotie

 une création de maisons du même style ,avec des matériaux simples ,toiture en shingle,pour un cout ultra modique

une très bonne affaire pour un certain nombre de janvryssois et 10 000 fr plus cher pour les extérieurs. Ce qui compte a mes yeux, c’est que 40 ans plus tard certains l’appellent toujours « le » lotissement alors que des maisons bien plus récentes sont considérées par les mêmes comme faisant partie intégrante du village

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
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 janvry l’amour toujours l'amour

Place de l’eglise ,il fut un temps où les femmes tenaient le haut du  pavé ,

Madame cousset a la bonne franquette ,christiane dans son bar dont je n’ai aucune  mémoire du nom a moins qu’il se soit appelé chez christiane ,et d’un coté le père lucas avait cédé son commerce a simone, une accorte femme au décolleté généreux ,au verbe haut et gouailleur, toujours rieuse 

cette anecdote se raconte sous cape, même si il y a prescription ,elle avait comme époux robert ,  entrepreneur en maconnerie dont on dit qu’il posait les fosses septiques dans la journée et qu’il allait les récupérer la nuit ,c’est ainsi que de  bonne foi des gens ont longtemps pensé qu’ils étaient doté d’une assainissement ….

on dit aussi qu’il était coureur ,un jour, simone derrière son comptoir, apprend une nouvelle déconvenue et une nouvelle aventure de son lapin de mari , voilà qu’elle jette son tablier devant deux consommateurs de vin blanc ,elle traverse la place et se jette dans les douves en criant « je veux mourir »

cela provoqua un léger mouvement des habitués du « petit blanc » qui quittèrent l’appui du comptoir pour celui du parapet des douves ,toujours avec leur gapette et leur gitane maïs ,tandis que simone le cul dans la vase et dans une 20 de centimètres d’eau continuait a exprimé son désir suicidaire.

 

Les complaintes sur le théme « je veux mourir » s’atténuèrent peu a peu sous le regard rigolard des vieux du village

le plus difficile fut de la hisser hors de la vase, crottée et puante ,elle retourna au bistrot au milieu des sourires en concluant « bande de cons ! »

Robert et simone continuèrent a vivre ensemble

Derrière l’église, a la petite ferme, vivait un couple, si lui était agriculteur ,elle ne satisfaisait pas de cet état ,si lui, était petit et chafouin ,elle était une superbe rousse aux yeux verts au corps épanoui , généreux et a la cuisse hospitalière au delà d’une sensualité très débridée, la femme était intelligente et subtile

hyper active dans tous les sens du terme ,elle fut a l’origine de la plus vieille foire a la brocante de la région la brocante des molieres,

de ses amants innombrables et souvent encore vivants bien qu’agés, je ne dirai rien 

un souvenir de nous, les adolescents testoronnés et souvent puceaux, nous la regardions comme un shangri-la ,un fantasme ambulant

lors d’un bal ou elle tourbillonnait en riant a pleine dents et jetait des regards pleins de promesses incendiaires, un de nous plus hardi que les autres ,l’invita a danser et avec fièvre lui proposa la « chose ».

Elle éclata de rire et lui dit « tu as dix sept ans ,et j’en ai quarante ! »

ce grossier lui répondit « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs soupes ! » ce qui était élégant !

mais la dame n’était pas seulement sensuelle, elle était intelligente et du tac au tac ,lui attrapa la joue « oui, mais pas avec de jeunes carottes ! »

comme il y a prescription ,je peux dire que ,lorsque la commune a racheté la petite ferme ,nous avons trouvé  au cœur d’une immense meule de foin  dans uen grange ,telle une pyramide ,une chambre secrète ,chambre d’amour clandestine….

La « petite ferme » dite maison des chevaliers aurait dépendu au préalable de la commanderie templière du déluge,le pigeonnier qui existait avant la seconde guerre mondiale a disparu

 

De chante coq peu de choses si ce n’est que la tradition disait qu’un sorcier y avait habité, non loin, dans la plaine ,c’était là que le moulin avait été construit et c’est bien naturel, car c’est là que le vent souffle fort ,pas loin du moulin ,les traces du villa gallo-romaine,

 

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

La ferme de Marivaux dont j’ai déjà parlé pour son fantasque docteur aurait accueilli un écrivain du nom de pierre carlet où vivait deux « vieilles filles » , qui rajouta plus tard ,a son nom ,pierre carlet de chamblain ,pour continuer par pierre carlet de chamblain de marivaux après son séjour a Marivaux ,auprès de deux sœurs qui y vivaient, réduisant le tout a son nom de plume : Marivaux On peut donc dire que le marivaudage est né à janvry ! L’auteur des « fausses confidences » souhaitait corriger les mœurs par le rire ce en quoi il était un peu janvryssois !

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
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Les replis de ma mémoire m’ont fait quitter mulleron, sans évoquer la vallée violette qui plonge jusqu’à Fontenay 

chacun trouve une raison a ce nom ,celui qui me semble probable ,c’est que le sol sablonneux de la vallée a invité a la culture des asperges ,d’ailleurs, on en trouve encore de nombreuses sauvages et que du coup quand les têtes pointaient, la vallée devenait …violette

C’est sur les coteaux de mulleron qu’il y avait de la vigne et qu’une piquette locale était produite ,en fait ,les ouvriers agricoles dans les fermes étaient nombreux et étaient nourris et logés 

ils « bénéficiaient » d’une boisson plus ou moins alcoolisée : le vin de la vallée violette ,mais aussi du cidre ou du poiré qui était produit avec des arbres plantées par le passé le long des chemins et des champs

le plus célèbre d’entre eux était le poirier des trois seigneurs qui était sur la route de la brosse sur le point culminant du plateau ,quand on regarde les documents anciens on mesure a quel point partout où l’on pouvait mettre un arbre fruitier, on le mettait pour satisfaire au besoin de consommation des fermes

Ces arbres fruitiers ont rempli un grand rôle pour la faune et la flore sur notre commune ,leur disparition a fait disparaitre les chouettes et tout la chaine alimentaire conséquente a la présence des fruits et des arbres en tant que refuge, idem pour toutes les mares qui constellaient la plaine et que le réseau de drainage posé dans les années trente par des ouvriers polonais en poterie de terre cuite a réduit de manière spectaculaire ,c’est ainsi que 90% des terres cultivables de JANVRY sont désormais drainées.

Terres si riches, bien drainées ,facilement cultivables sans qu’il soit besoin de les arroser que ,peu a peu,avec l’arrivée du machinisme agricole ,la culture céréalière a supplanté l’élevage

en quarante ans les troupeaux de laitières ont disparu ,les bœufs ont été remplacés par les tracteurs, les meneurs d’attelage, les garçons vachers ,les laboureurs ont disparu ,les prairies aussi,

la forge de monsieur joseph a cessé de parer le pied des bêtes

Me voilà encore parti de mulleron ! si j’ai parlé du puits magnifique et de sa pompe sur la place de mulleron ,je n’ai pas parlé du « centre d’art contemporain "

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

dans les années 70 ,un ancien préfet et des créateurs se mettent en tête de construire au « fond » de mulleron ,un ensemble maisons dont l’architecture et le but est de créer une sorte de communauté créative , c’est ainsi que sont arrivés pierre et vera zekely artistes internationalement connus, dont le fils a eu une carrière encore plus grande que sa mère en tant que designer et deux maisons ont été construites avec un style totalement différent du classique francilien ,

si celle de vera ,avec sa « peau » de bois ne s’identifie pas du premier coup d’œil ,celle que nous, enfants ,appelions la « soucoupe volante « est d’autant plus visible que l’urbanisation a gagné autour de ce concept architectural qui était a l’origine « posé » au milieu d’une clairière Blanche Tout en formes rondes, cette maison bio climatique avant l’heure disposait d’une piscine extérieure intérieure, pendant longtemps des cars de japonais sont venus l’immortaliser sur leurs pellicules nipponnes,elle est l’œuvre de l’architecte henri mouette et compte outre une salle a vivre deux chambres au rez de chaussée et deux chambres a l’etage

A mulleron ,les bistrots ont aussi fermés ,ils se faisaient face a face place de la fontaine a mulleron et bénéficiaient de la visite des journaliers mais aussi des malades tuberculeux de l’hôpital de bligny qui faisaient le mur par la porte nord de ‘l’hopital pour s’en « jeter un » ou deux ou trois ou quatre, comme le célèbre écrivain voyou résistant et truculent Alphonse boudard

A mulleron ,la rue du précédent tient son nom ,d’un adjoint au maire qui construisit une maison sans permis de construire et le maire en colère appela la rue qui y menait « la rue du précédent » pour rappeler que cela en créerait un,a chaque fois que l’on refuserait un permis a qui que ce soit

Pour terminer ,la route que nous empruntons communément pour aller a fontenay les briis est « récente » il existait un chemin qui partait du chemin de la vallée bergeotte et rejoignait fontenay et puis il y avait le chemin qui existe encore au fond de la vallée,

cette route « récente » a conduit a couper de très nombreuses parcelles, c’est dans la vallée violette que l’on trouve des orchidées uniques en ile de France

Le golf est une réalisation des années 1990 , le terrain a appartenu aux lambert des célèbres « ciments lambert » ,c’est une de ses poussières de l’héritage lambert que jean marie lepen n’a pas eu et que les frères lambert ont valorisé en obtenant de la municipalité de JANVRY le droit de défricher 15 hectares au moins de bois pour le golf et pour la création d’un lotissement de 15 maisons au nord de la parcelle

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
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Le perroquet de mulleron ,il y a près de 30 ans sévissait dans la vallée de mulleron un perroquet blanc magnifique, cacatoès ,son seul défaut est qu’il s’attaquait aux encadrements de fenêtres avec son bec et les mettait en charpie,

c’était aussi l’époque ou existait une société de chasse dont les membres prolongeait la troisième mi temps assez longuement avant d’aller défourailler et où il n’était pas bon d’être chien ,chat ou quoique ce soit devant leur passage

Quelques savants ornithologues du village se sont émus du sort certain que subirait le perroquet blanc le jour de l’ouverture de la chasse aussi une course contre la montre a commencé pour capturer l’animal

nos vaillants tartarins sans fusils construisirent des nasses de toutes sortes ,s’affublèrent de camouflage dignes de snipers au Vietnam…. en vain

ils allèrent même jusqu’à acheter chez hediard des fruits exotiques hors de prix ,c’était  le temps où les mangues et autres kiwis ne tronaient pas dans les supermarchés

 c’était un spectacle jubilatoire de voir arriver le perroquet blanc se percher sur la nasse, observer le fruit suspendu a un fil au milieu du piège ,attraper le fil a travers le grillage ,remonter le fruit doucement et le déguster doucement et prudemment a travers les mailles puis s’envoler en faisant une aile d’honneur

ils se réunirent bien des fois désespérés de la ruse de la bête et du calendrier qui inexorablement les rapprochait des prédateurs armés, jusqu’au jour où l’un d’eux eut une idée terrible, imparable, frappée au coin de la braguette : ils achetèrent ,a grands frais, une femelle cacatoès, ils la placèrent dans une volière avec une double porte, a peine installée, il apparut dans la frondaison et fondit sur la volière ,la porte se referma sur sa liberté

c’est une histoire vraie qui pourrait être un conte de jean de la fontaine tellement on pourrait l’appliquer aux humains

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

  Si l’on file de la place de l’eglise vers la brosse ,on devinera peut être sur la droite a la taille des bâtiments bien des fois divisés qu’il s’agit encore d’une autre ferme qui existait sur janvry et qui s’éteignit ,je crois avant la guerre 39 45

A droite, toujours désormais construits il y avait « des jardins » surélevées de la route les murs existent encore et on y accédait par des escaliers de pierre, des jardins potagers bien sûr

 A la sortie de janvry ,en face un chemin dit chemin perdu qui ,j’en suis convaincu devait conduire au moulin ,on arrive a l’allée de peupliers du château ,celle-ci était bien plus longue a l’époque puisqu’elle rejoignait la route de briis a chantecoq

,la route que nous empruntons quotidiennement n’existait pas et pour relier la brosse il fallait passer par la rue du marchais ,seul un chemin pour laboureurs existait

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
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A la brosse, trois fermes au moins, plus une,la ferme de hauterive dont toute trace a disparu dans la plaine vers gometz la ville , la ferme de tuiliere, la ferme dite de la brosse qui occupait un grand espace puisqu’elle comprenait la ferme existante mais aussi la route d’entrée du hameau sur laquelle étaient construits des bâtiments qui reliaient a la maison que j’habite actuellement et la ferme occupée a ce jour par les goualin

 un chemin prenant l’impasse des charmeaux descendait dans la vallée ,passait le petit affluent de la salmouille et permettait de rejoindre gometz le chatel et orsay

 

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Le remembrement a gommé ces chemins La mare de la brosse et son lavoir, avait une grève en pierres qui permettait aux chevaux de descendre dans l’étang et de boire

,un petit chemin que j’ai connu partait entre la mare et la ferme pour rejoindre la plaine

Quand j’étais enfant, outre les fermes, il n’y avait que 7/8 maisons a la brosse

,si je suis janvryssois,c’est en partie parce que durant la guerre mes parents sont venus vivre dans la maison de madame parent devenue potier au fond de la brosse,maison où vecut jacques bredeche qui écrivit un livre de souvenir sur janvry  

Au fond de la brosse vivait mlle ader,elle avait été l’assistante de pierre et marie curie a gif et saclay ,quand elle réalisa ce que signifiait le nucléaire ,elle s’enferma a la brosse et reçut a coup de fusils les scientifiques et autres qui venait essayer de lui soutirer quelques informations sur les recherches qu’elle avait entreprise avec les curie

,elle avait une vieille deux chevaux qui a disparu sous les ronces

A la brosse le bistrot était situé dans la maison en face du lavoir,en face de la ...ferme

dans la maison que j’habite, vécut un temps, paul tolstoi arrière neveu de l’ecrivain qui lui-même venait prendre « les eaux » a forges les bains avant lui sous la troisième république,

Cette maison avait appartenu a mathilde pomès dont je vous joins le cv étonnant :

  Cette brillante étudiante fut la première femme agrégée d'espagnol (major à l'agrégation en 1916) ; en 19 20 la bourse albert Kahn lui permit un voyage en amérique du Sud. Elle eut d'autres distinctions : chevalier de l’ordre national de la légion d’honneur 1 ; prix Auguste Capdeville de l’académie française pour l'ensemble de son œuvre en 1957 2; prix Gabriel Vicaire en 1964 3. Elle voyagea beaucoup, entre autres avec henry de monterlant. Décédée en 1977,

Mathilde pomes avait fait de cette maison une sorte de « salon champêtre » et recevait bien des hommes politiques et des ministres qui venaient « a la campagne » et il parait qu’on voyait ces personnalités s’affairer en cuisine

 

Mes parents,clients de la « chanson » , en 1955 se jetérent dans l'aventure et achetèrent le verger de la "chanson" pour y construire une maison a l'entrée de janvry  a droite ,quand on arrive de la brosse ,les gens du village, l’appelèrent "la mal tournée" car elle faisait face aux champs et montrait son c ..son dos a la route

 Quand j’étais môme, j’étais fasciné par mon père qui n’aurait pas fait de mal a une mouche et qui apprivoisait, sans en donner l’air toutes sortes d’animaux

tout un été, il y a eu crapaud qui venait le chercher, au soir tombé, a la porte de la maison et qui suivait mon père dans son tour de jardin,

il adorait se mettre au soleil et il n’était pas rare qu’un oiseau vienne se percher sur lui,

ma mère m’a raconté que ,quand il était parti a la guerre, son chat s’est laissé mourir de faim sur son lit,

dans ce bestiaire ,il y avait les loirs qui peuplaient la maison et avec qui il lui arrivait de partager son diner…la population devenant envahissante, il acheta des nasses pour les capturer vivants ,puis mettait la nasse dans la voiture et ,de nuit,parcourait deux kilométres et allait libérer toute cette petite population a la grille d’une belle propriété pleine de greniers et recoins où il était sûr qu’il seraient heureux,

 cette "déportation" nocturne  de loirs dura des années

Le destin (ou une  conspiration de loirs) fit que mon père acheta,des années plus tard, la maison en question, le chateau de la brosse et je suis sûr qu’il eut droit a une haie d’honneur de loirs  pour l’accueillir

A l’entrée  du hameau ce que les cartes postales intitulent pompeusement « le château de la brosse » avant que mes parents l’occupent, avait appartenu aux lindon ,fils du procureur du procès de Pétain ,et oncle de Vincent lindon avec qui nous jouions au foot dans le pré derrière la maison,

avant les lindon, ce furent les hellman qui transformèrent cette maison en villa a l’italienne, avec ses statues ,ses fabriques, ses fontaines et même une piscine

les hellman étaient propriétaires du cinéma rex a paris, au cimetière leur édifice funéraire est a l’image de cette maison

Si l’on descend dans la vallée entre saint jean et JANVRY, il y a l’ancien chemin qui relie ces deux communes ,au creux de la vallée là où coule le ruisseau ,il y avait la fontaine saint wandrille,la légende dit qu’elle était bonne pour pleins de choses dont la vue et les femmes enceintes, elle a disparu ,démontée ,emportée ,mon petit doigt me dit que le propriétaire du château de saint jean par « principe de précaution » l’a remontée dans son parc

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

On dit qu'il y a un trésor au pied des arcs en ciel, je crois plutôt que c'est le chemin pour l'atteindre qui vous enrichit

Comment aurais je imaginé ma vie future a cette époque  ? Pourtant la seule certitude pour moi était qu'elle se ferait ici et nulle part ailleurs

 

 Une des premières personnes que j'ai recu dans mon bureau,devenu maire a 34 ans,m'a dit qu'est-ce que ce village d'attardés,il ne se passe rien ,il n'y a même pas une épicerie,elle n'avait pas les yeux de l'amour...

alors aujourdhui, je vous invite a cette promenade, a la fois dans le temps et dans le quotidien de ce petit village, qui transforme avec une facilité déconcertante les rêves en réalité

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Dans un des spectacles de janvry,il est écrit : ,il arrive parfois la nuit ,où le passant attentif pourra entendre dans les rues de janvry,le bruit des sabots d'une licorne et de son petit...marchez la nuit dans les rues doucement éclairées de ce village et vous les entendrez peut être

janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte
janvry au travers de ma mémoire avec tous les défauts que cela comporte

Olivier de Kersauzon venu se marier dans notre petite mairie ,comme jean yves lafesse

 

parce qu'il n'est pas anodin de se marier dans notre mairie,c'est la maison commune ,mais si la mariée le demande ,il y a bien des véhicules qui peuvent la conduire devant monsieur le maire...

 

Dans ce village où la nuit on voit le pinceau de la tour eiffel,on peut croiser bien des choses,bien des animaux,comme au fond de l'aubrac mais en plus exotique.

 

Voilà il me semble avoir « essoré » ma mémoire d’enfance et de confidences tenues par les uns et par les autres 

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Published by Christian SCHOETTL