Le feu dans le Var et particulièrement a correns est, pour moi, un sujet passionnant et « casse-gueule », car il a touché le village « le plus bio de France depuis 1990 », avec des choix forts en agriculture, mais pas seulement.
Durant des années, je me suis rendu à la foire qui avait lieu fin août, où toutes les solutions alternatives et respectueuses de l’environnement étaient présentées, dans une atmosphère un peu hippie, un peu bobo et très sympa.
mise en garde : je n'émets aucun jugement et me déclare solidaire totalement de cette commune et de son conseil municipal ,ce qui me pousse a écrire ,c'est d'essayer de tirer les enseignements d'un désastre qui les touche et qui peut tous nous toucher ,audelà du passionnel ,de l'invective du partisanisme ,se pencher sur une gestion vertueuse et d'essayer de comprendre et d'analyser
Correns ayant déjà subi des feux violents par le passé, je me suis demandé, puisque leur nouveau PLU date de 2020, comment ils avaient abordé ce sujet. Car, sans la moindre polémique, ce territoire est classé Natura 2000 et donc, par exemple, la préservation de l’environnement appelle à des « corridors écologiques », des continuités naturelles qui permettent à la faune de circuler, tandis que la prévention appelle plutôt au contraire, avec des barrières franches, quasi minérales, pour empêcher le feu d’avancer.
Il ne s’agit ni d’un débat, ni d’une polémique, ni d’une question idéologique, mais d’une réalité pragmatique.Les contradictions entre vertu et froideur efficace
L’action de la commune et ses choix ont permis un réel repeuplement grâce à une identité forte, une obligation de débroussailler à 50 mètres des habitations, mais rien dans le PADD ne fait mention du sujet de la forêt, qui doit couvrir une immense partie du territoire.
Pour me résumer sur ce cas pratique :
Le PADD (2016-2020), rédigé après le feu de 2016, traite le risque incendie uniquement par le biais du zonage : ne pas urbaniser en zone boisée et non par un programme de gestion active du combustible forestier (coupures, débroussaillement stratégique des corridors).
La commune n’a pas de PPRIF, le document réglementaire spécifique qui aurait pu imposer des mesures plus dures. Elle relève seulement du régime générique des OLD (50 m autour des bâtiments).
Le débroussaillement à 50 m des habitations est une mesure de protection ponctuelle du bâti, et non une politique de gestion du risque à l’échelle du massif forestier, qui représente 76 % du territoire.
Ce que je m’interdis d’affirmer :
Que cette absence de dispositif renforcé traduise une volonté délibérée de faire primer l’écologie sur la sécurité incendie.
Deux explications concurrentes avec les mêmes faits :
L’explication « priorité idéologique » serait une caricature : la commune, identitairement engagée dans le bio et la préservation depuis 1997, aurait consciemment minimisé les dispositifs de rupture de combustible pour préserver sa « trame verte ».
Je n’y crois pas.
L’explication « carence structurelle banale » : Correns est une très petite commune (886 habitants), avec un budget limité. Un PPRIF n’existe que là où le préfet l’a engagé, et le taux d’application des OLD (obligation de débroussaillage) n’était que de 30 à 50 % en France en 2021, indépendamment de la sensibilité politique des communes. L’absence de PPRIF à Correns pourrait très bien refléter un choix préfectoral :priorisation d’autres communes plus peuplées et non un choix municipal.
A contrario, le PADD ne dit nulle part qu’il renonce à des mesures de coupure de combustible au nom de la biodiversité : il n’en parle simplement pas du tout, dans un sens comme dans l’autre.
C’est une absence, pas un arbitrage explicite documenté.
Une « volonté » suppose normalement une décision consciente et tracée : débat, vote, argumentaire. Or, aucune trace d’un tel débat à Correns sur ce sujet précis.
Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une incohérence de traitement : le risque incendie est nommé et pris au sérieux dans le texte, mais la réponse apportée reste partielle : le zonage seul, au regard de l’ampleur du territoire concerné (76 % boisé) et de l’historique de récidive (1984, 2016), déjà connu au moment de la rédaction.
Encore une fois, je suis très mal placé pour juger et me poser en donneur de leçons. Mais je suis de ceux qui se demandent toujours comment concilier l’inconciliable.
Correns est une commune exemplaire à bien des points de vue. C’est pourquoi j’ai passé un peu de temps à voir s’ils avaient trouvé, comme sur d’autres sujets, des solutions malignes.
Après, il y a toujours un « détail » qui tue : les budgets.
Je voudrais conclure en ayant la sensation que la radicalisation des positions dans notre pays, qui conduit à montrer du doigt « l’autre », ne va pas au profit du bon sens.
Et une forêt brûlée ne peut satisfaire personne.
ces milliers d'hectares brulés ,la faune decimée ,la flore ,la terre brulée en profondeur constituent un désastre écologique
la question toute simple des pins qui ,pour beaucoup, sont devenus l'image de la provence mérite d'être réfléchie , alors qu'il y a un siecle seul existait en provence le pin parasol :ce sont des bombes incendiaires et donc permettez moi d'insister sur ce point précis pour ceux qui ont eu le courage de lire jusque là
pour le Var et la Provence, l’histoire est assez surprenante : les paysages de collines couvertes de pins que nous considérons aujourd’hui comme « naturels » sont en grande partie le résultat de transformations humaines relativement récentes.
Pendant des siècles, les collines provençales étaient beaucoup plus ouvertes qu'aujourd'hui. On y trouvait notamment :
des espaces de garrigue et de maquis ;
des chênes (notamment chêne vert et chêne-liège) ;
des zones de pâturage ;
des cultures en terrasses, des oliviers et des vignes dans les secteurs favorables ;
des boisements, mais pas nécessairement les vastes étendues de pins que l'on connaît aujourd'hui.
Le bois était très recherché : chauffage, charbon de bois, construction, fours, etc. Les troupeaux entretenaient également les espaces ouverts.
C'est surtout à partir du XIXᵉ siècle que le paysage commence à changer fortement.
L'agriculture et l'élevage reculent progressivement dans de nombreuses zones rurales. Les terres abandonnées sont alors recolonisées par la végétation. Les pins, qui poussent rapidement et se régénèrent facilement après certaines perturbations, prennent progressivement leur place.
Parallèlement, des plantations et des politiques de reboisement sont menées dans plusieurs régions.
Puis, au XXᵉ siècle, l'exode rural accélère énormément le phénomène : moins de cultures, moins de troupeaux, moins de prélèvement de bois → la forêt gagne du terrain.
Le pin est particulièrement bien adapté aux paysages méditerranéens perturbés par le feu.
Après un incendie, les milieux peuvent être recolonisés par différentes plantes, et certaines espèces de pins peuvent rapidement prendre leur place.
C'est pourquoi une colline qui paraît aujourd'hui « naturellement couverte de pins » peut en réalité être le résultat de plusieurs siècles d'interactions entre agriculture, élevage, exploitation du bois, abandon des terres et incendies.
je posséde un bout de terrain qui devait être une oliveraie et qui est devenue une pinède,sans doute après les grands froids de 1955
Dans des secteurs comme les Maures, l'Estérel ou l'arrière-pays varois, il faut également distinguer les espèces. Le pin maritime, le pin d'Alep, le pin parasol et les chênes n'ont pas la même histoire.
je me permets donc d'écrire que c'est bien le reboisement et ses choix qui dicte l'avenir
Alors, formons le vœu qu’après un tel désastre, voué à se répéter, les politiciens, les théoriciens, les idéologues aillent boire une bière pendant que les gens de terrain trouveront des compromis et des solutions raisonnables.
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