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26 août 2026 3 26 /08 /août /2026 10:14
la république ,le mamouth et moi

Une loi… Un « truc » voté par les députés et les sénateurs vient d’être voté interdisant l’usage des téléphones dans les établissements scolaires

Avant qu’elle ne soit votée, il y avait consensus pour dire que l’usage du portable provoquait de véritables addictions, était un des principaux vecteurs de harcèlement ,bref un fléau qui enfermait .

Santé publique France estime le temps d’écran moyen à 2 h 33 par jour chez les 9-11 ans. Pour les 13-15 ans, une enquête Ipsos/CNL donne environ 2 h 55 d’écran par jour, hors temps scolaire.

Soit, sur une année : si l’on prend simplement 3 heures par jour :

  • 3 h × 365 = 1 095 heures par an ;
  • soit 45,6 jours entiers par an ;
  • ou 6,5 semaines complètes, 24 h/24.

Autrement dit, trois heures quotidiennes représentent plus d’un mois et demi de vie entière par an.

Bref, tout le monde semblait d’accord.

Quant à l’interdiction des réseaux sociaux, le Conseil constitutionnel, dont les membres ont plus de quinze ans pour certains, il a rejeté l’interdiction, tout à coup mille fois plus pointilleux que sur la loi sur la fin de vie, sans doute influencés par leurs arrière-petits-fils ou pour montrer qu’ils existaient.

Une circulaire conforme à la loi est donc parue pour interdire les portables dans les lycées et, là, au lieu d’applaudir, de dire que la mesure va dans le bon sens, voilà que sur tous les médias, les syndicats et les fédérations se déchaînent : impréparation, ces téléphones qui servent tellement aux rapports avec les élèves ,car d'un coup de baguette magique ,je découvre que les téléphones portables sont devenus l'alpha et l'méga de la vie scolaire !

Oubliés les suicides, les mômes harcelés ! Tout à coup, c’est : « Comment vont-ils savoir qu’un prof est absent ou dans quelle classe se déroulent les cours ? » Une guérilla en bonne et due forme s’appuyant sur ce verre à moitié vide !

Oui, cela ne va pas être simple, oui, le 1er septembre, la mesure ne prendra pas pleinement son effet, mais est-ce que c’est bon pour les enfants ? Est-ce que cela va dans le bon sens ? Qui peut dire le contraire à regarder une cour de collège, voir les couloirs, voir les sanitaires occupés à un usage de cabine téléphonique ?

Je suis consterné d’entendre : « C’est impossible, le conseil d’administration n’a pas délibéré. »

Mais oui, mon petit bonhomme, tu as raison, il faudra délibérer sur des modalités, mais la politique du frein à main à chaque fois que quelque chose se met en place nourrit un peu plus l’idée du mammouth, et j’adore que l’on oppose l’avis du conseil d’administration à une loi de la République, cela donne des idées !

Si on considère que c’est quasiment une mesure de santé publique, alors on s’y met tous, on fait cette révolution de retrousser les manches et on cherche toutes les idées, parfois les plus simples, pour mettre en œuvre plutôt que toutes les chicailleries pour bloquer le processus.

Je profite de ce petit papier pour rappeler qu’à Janvry, depuis toujours, la commune remet aux enfants les fournitures scolaires gratuitement, et en cette période où les journaux télévisés nous inondent de reportages sur la « course avec les listes », l’énervement du petit et grand carreau, de la spirale et du stylo effaceur, et encore plus du coût des fournitures qui augmente, avec le cortège des « bons plans ».

En voyant ce cauchemar, je me demande si les parents de l’école de Janvry réalisent, le temps rend tout « normal ».

En tout cas, si l’école est laïque, gratuite et républicaine, à mes yeux, cela commence par les fournitures scolaires, les transports, les moyens et l’accessibilité au savoir.

Quant à la prime versée pour les fournitures, si sujette à polémiques, je pense que l’État aurait mieux fait de verser une partie aux communes pour qu’elles fassent toutes ce que nous faisons.

 cette fameuse « rentrée scolaire » n’est pas une course amusante aux bons plans, mais une véritable épreuve.

cet été, j’ai été témoin d’une scène que je n’arrive toujours pas à oublier , à une caisse de supermarché, mon cerveau s’est figé devant la violence et j’ai été incapable de savoir quelle devait être la bonne réaction.

Une caisse de supermarché, devant moi, une famille de 5 personnes, un enfant dans la poussette et deux autres d’une dizaine d’années, la femme mutique, l’homme très « sud macho » qui crie fort, donne un coup de pied dans la poussette du petit parce qu’il pleure, et qui tente de négocier avec la caissière de revenir plus tard payer les quelques euros qui lui manquent pour les quatre articles sur le tapis.

Bien sûr, refus.

Je vous passe, en partant, il attrape sa fille par les épaules :

« Tout cela, c’est de ta faute, d’avoir voulu acheter tes fournitures scolaires en avance ! »

La petite est figée. Elle est belle, habillée proprement, impeccable face à un animal, et on se dit qu’elle tient à l’école et qu’elle a pris ses précautions de peur d’arriver en septembre sans matériel.

Et toi, tu es spectateur et tu te sens nul sur bien des aspects.

Alors je repense aux téléphones, aux réseaux sociaux, au harcèlement, aux fournitures scolaires, à cette petite fille qui voulait simplement être prête pour la rentrée.

On peut discuter longtemps des circulaires, des conseils d’administration, des modalités, des budgets, des procédures et des bonnes raisons de ne pas faire.

Mais parfois il suffit de regarder un enfant.

Et de se demander ce que nous pouvons faire, concrètement, pour lui rendre la vie un peu moins difficile.

C’est peut-être cela aussi, une République qui fonctionne.

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Published by Christian SCHOETTL