hier ,nous étions dans la cour de la petite ferme ,le soleil était doux ,la lumière magnifique ,il flottait des rires et des sourires ,la douceur de vivre ,la sérénité étaient venues se nicher là, comme après une nuit trop noire
Maintenant, je peux vous l’avouer : je déteste ces périodes qui précèdent les élections. Je devrais pourtant m’être fait le cuir, mais il flotte toujours un je-ne-sais-quoi d’odieux.
En réalité, je découvre la plupart du temps que tout cela n’était que dans ma tête.
souvent on n'entend que les hurlements des loups et l'on croit que l'on est seul ,l'imagination fait le reste
Mais, pendant quelques semaines, persiste cette étrange sensation : celle de percevoir des murmures, des choses pas très belles.
Des gens que l’on aime, et qui, visiblement, vous aiment moins que vous ne le pensiez.
Des yeux qui fuient.
Des gens qui estiment que c’est le bon moment pour demander.
D’autres encore qui se verraient bien ceints d’une écharpe, question d’ego ou de couleur.
Une élection est, pour un maire qui se représente, une histoire d’amour.
Pour bon nombre de citoyens, ce n’est pas le cas. Les jours et les nuits que l’on a consacré sont des preuves d’engagement, de passion, tandis que d’autres ne se posent même pas la question et ne mesurent pas ce que cela implique affectivement .
J’ai connu des choses difficiles : des tracts ignobles, des inscriptions injurieuses sur les murs et jusque sur le portail de ma maison, des blessures profondes, notamment lors de l’enterrement de ma mère. Et surtout ce sentiment étrange de se retrouver à égalité avec des personnes qui se découvrent soudain un amour pour le village à quelques mois des élections, surgissent parfois de nulle part et y retournent aussitôt après avoir blessé, sali, voire diffamé sans le moindre état d’âme
Je pense aussi à ces amis, hommes et femmes, qui, depuis des mois, subissent tout cela, au nom de… l’intérêt général : pneus lacérés, injures, affiches déchirées ou détournées, horreurs inventées, humanité remise en cause — tout cela, soi-disant, au nom de la démocratie.
Je me souviens également lors d’une autre campagne, d’un président d’association évoquant ses deux cents membres et m’expliquant qu’il avait besoin, immédiatement, d’une subvention conséquente… avant le scrutin.
Alors merci à tous ceux qui ne se sont pas posé même pas la question de cette échéance. À ceux qu’elle n’a pas empêché de dormir, ni de se raser . À ceux qui savent la fragilité, la précarité, l’alchimie de tout cela.
Merci à ceux qui mesurent la charge quotidienne, et combien il n’est pas simple de s’oublier — d’oublier sa famille, les soirées entre amis.
« Tu verras bien qu’un beau matin fatigué,
j’irai m’asseoir sur le trottoir d’à côté… »
Juste à cause de ces périodes.
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