Hier soir, sur M6, durant l’émission Capital, un long reportage — à charge et à décharge — portait un titre qui pourrait en dire long : « L’argent des maires », alors qu’il s’agit en réalité d’argent public.
Je suis toujours inquiet de ce genre d’enquêtes qui, forcément, annoncent plus souvent les trains en retard que ceux qui arrivent à l’heure. L’équipe de M6 est venue à Janvry pour comprendre comment nous abordons ces questions.
je dois avouer que je n'ai aimé ni ma gueule ,ni ma tenue ,et puis ,peut être ,ces propos que l'on m'a coupé sans doute faute de temps et qui étaient pour moi essentiels du coup ,je me venge
Dans ce reportage, j’ai découvert des pratiques que je n’imaginais même pas.
Certains maires se font verser des « frais de représentation », parfois de plusieurs dizaines de milliers d'euros d’une manière pour le moins surprenante. L’histoire est à étages : ils ne transmettent ni facture à la mairie ni justificatif à la trésorerie. Non. Ils se font verser l’intégralité de la somme votée au budget communal, puis piochent dedans tout au long de l’année. Apparemment, si tout n’est pas dépensé, certains conservent le reliquat…
Que ceux qui me lisent me fassent confiance : ces pratiques ne concernent qu’une infime minorité des 36 000 maires de France. Mais hier soir, après 37 ans de mandat, je suis passé de découverte en découverte.
Que dire de ce maire filmé en train d’acheter chemises et vestes onéreuses aux frais de la collectivité, expliquant que lorsqu’il reçoit une personnalité, il ne faut pas « passer pour un pignouf » ?
Que dire de cette maire vidangeant son budget de "représentation" de séances chez l’esthéticienne, la manucure ou le coiffeur ?
Ou encore de cette élue affichant 38 000 euros de dépenses, parfaitement à l’aise pour expliquer qu’elle représente sa ville, voire la France, et que donc Céline, Chanel, Burberry et autres grandes marques n’ont rien de choquant lorsqu’elles sont payées par le contribuable ?
il faut avouer qu'elle recevait le journaliste dans son bureau qui a lui seul était 5 fois grand comme la mairie de janvry et au moins deux fois plus haut ,les ors de la republique cela monte au cerveau
En regardant cela, j’étais accablé. Sont-ils à ce point décalés de la vraie vie pour ne pas mesurer le caractère choquant de ces pratiques ?
J’aimerais un jour qu’on fasse une émission un peu plus cash, qui dise clairement les choses. Par exemple :
– que les maires qui annoncent baisser leurs indemnités mais se font tout payer par ailleurs ne sont pas honnêtes ;
– mais qu’à l’inverse, être au SMIC et candidat à la mairie d’un petit village pénalise forcément la famille de l’élu et cela n'est pas a l'honneur de la démocratie
À moins de réserver cette fonction aux rentiers, il existe une vraie question sur le montant des indemnités, d’autant plus qu’elles sont imposables et que les élus ne sont pas couverts pas la sécurité sociale.
À Janvry, il existe bien des « frais de représentation ». Ils ne me sont pas versés. Ils doivent être de l’ordre de 500 euros par an, et sont rarement, voire jamais, dépensés.
On entend souvent dire à propos des députés que « la soupe est bonne ». Je ne voudrais jamais l’entendre à propos des maires, en tout cas des maires ruraux, enracinés dans leur village, fébriles au moindre euro du budget communal.
J’ai fait le tour dans ma tête des « avantages » , et je vous confirme par exemple que, pour ma part, je n’ai pas de téléphone de fonction. Aujourd’hui, avec les forfaits, ca va . Mais à l’époque où l’on payait les appels presque à l’unité, cela cognait !
Soyons clairs aussi : 85 % des communications de mon portable sont liées à la mairie, et elles sont à ma charge. Cela me va très bien. À l’inverse, si la mairie me payait mon téléphone, je serais gêné d’y passer des appels personnels. Deux téléphones ? Un peu absurde.
Je sais que certains maires disposent de téléphones de fonction, et que, dans certaines communes, des téléphones sont partagés entre élus d’astreinte. Cela ne me choque pas.
Idem pour les déplacements. A une seule période en 37 ans, j’ai eu une carte d’essence, financée par le Sitreva, lorsque j’ai été élu dans cette collectivité à la dérive. J’ai vendu toutes les voitures de fonction, y compris celle du président. Mais parcourant quotidiennement au moins 70 km pour me rendre au siège, sur un territoire couvrant deux régions et trois départements, il fallait beaucoup rouler.
Les services fiscaux m’ont alors expliqué que ce n’était pas très légal : j’aurais dû conserver la voiture de fonction pour pouvoir utiliser la carte d'essence !…
Amusant, non ?
Une voiture de fonction, c’est une vraie économie pour l'élu et une vraie depense pour la collectivité : assurance, usure, entretien, achat. Sur un mandat de six ans, c’est substantiel. C’est ce que j’ai expliqué à la trésorerie, qui a fini par regarder ailleurs.
Alors oui, téléphones, ordinateurs, abonnements internet, voitures, cartes d’essence et de péage, notes de restaurant existent,pas a janvry en tout cas . Mais, au risque de fâcher, cela concerne principalement les très grandes communes, les grandes villes et… la Ville de Paris.
Aucun maire rural ne se fait payer un voyage à Tahiti sur le budget communal. Les élus de terrain sont mille fois plus transparents.
Dans notre communauté de communes, nous avons quand même connu un maire qui s’achetait des « costumes de fonction ». Nous étions à ce point naïfs que nous pensions que c’était illégal… c’est dire notre fraîcheur collective.
Voilà pour ce volet de l’émission, avec, je l’avoue, ma sidération devant des élus si « droits dans leurs bottes » devant les caméras pendant qu’ils s’habillent, se maquillent, se coiffent et se parfument aux frais du contribuable.
Mais comme rien n’est tout blanc ni tout noir, chacun doit réfléchir à ce que signifie se présenter à une élection. Un smicard élu n’a pas forcément les moyens de s’acheter des costumes, de se déplacer ou de recevoir. C’est mon bémol, qui n’excuse en rien les folies vues à l’écran.
L’émission portait aussi sur les normes. Et là encore…
Depuis le président georges Pompidou qui disait « arrêtez d’emmerder les Français », nous n’avons cessé d’ajouter une norme à une norme. Plus personne ne maîtrise rien, et s’il arrive quelque chose, quelqu’un sortira toujours une norme de dessous les fagots à laquelle vous aurez contrevenu.
Exemple très récent :
Nous commandons régulièrement des produits pour l’entretien des bâtiments communaux. Lors de notre dernière commande pour la cantine scolaire, le vendeur nous indique qu’il ne peut plus nous vendre le produit utilisé depuis des années — de la lessive, tout simplement pour nettoyer le lino de la cantine — parce que nous n’avons pas l’agrément « biocide », qui s’obtient… après une journée de formation.
J’entends bien qu’il ne faut pas nettoyer les sols avec n’importe quoi, mais de là à rendre obligatoire une formation pour passer du « Monsieur Propre »… Cette logique s’étend à tout ce qui concerne une collectivité.
On peut acheter un toboggan pour enfant à Carrefour ou Castorama : il est normé pour un enfant. Il ne l’est plus, s’il y en a plusieurs. Étrange, non ? Pourquoi votre enfant courrait il moins de risques dans votre jardin que dans un parc public ? Il existe sans doute des réponses sérieuses, mais alors tous les toboggans, y compris ceux des particuliers, devraient être irréprochables.
L’avantage de la norme « usage public » est double : bingo sur les prix, et un marché partagé entre très peu d’acteurs, au point qu’il n’est pas rare que certains fabricants proposent eux -mêmes des normes supplémentaires pour écarter la concurrence .
Vous allez dire que j’exagère ? Alors pourquoi mon forfait téléphonique personnel coûte 22 € par mois, et celui de la mairie 45 € ?
Aucune explication.
Autre exemple : je vois une publicité pour Verisure. J’appelle pour équiper une maison de 200 m² sur deux niveaux. Aucun problème. Rendez-vous pris. Ils arrivent… et découvrent que c’est une mairie.
— « Ah non, ce n’est pas le même prix. »
Résultat : quatre fois plus cher.
Quelqu’un m’expliquera toujours pourquoi.
Moi, je sais surtout que lorsque c’est de l’argent public, certains savent que nous n’avons pas le choix.
Idem pour les bureaux d’études. Toute ma vie, j’ai souffert de ces structures impeccables, si sûres d’elles, qui, à coups de copier-coller, facturent des études hors de prix.
Dans l’émission, on voit un maire seul face à des « obligations légales », payer une étude qui ne lui apportera rien, sinon expliquer à ses administrés que l’eau va coûter plus cher. 70 000 euros pour une commune de quelques centaines d’habitants, sans personne pour l’aider à explorer d’autres voies.
On sait à quel point, sur des sujets techniques comme l’assainissement, bureaux d’études et prestataires se régalent sur le dos du contribuable. Leurs stands au Salon des maires parlent d’eux-mêmes.
Bref, à la suite de ce reportage, j’aimerais dire aux citoyens : ne faisons pas d’amalgame. Il y a 34 000 maires ruraux qui ne se reconnaissent pas dans ces dérives, qui gèrent des budgets inférieurs aux frais de représentation de Mme Hidalgo, et qui mettent de leur poche, avec leurs engins agricoles, leur temps et leur engagement, plutôt que d’aller s’acheter des costumes chez Hugo Boss
sachez qu'il est une race d'élus de terrains résistants aux tentations ,aux corruptions ,insoumis au réglements ineptes ,partisans du bon sens et qui agissent par passion ,alors je sais que ceux là sont souvent détestés par tous les autres ,ce sont les seuls qui se mouillent a chaque fois qu'il le faut
un été durant la prefecture a voulu interdire notre piscine gonflable du bar de plage au nom de normes et surtout d'interpretation de normes ,deux mois compliqués ,on s'est mouillés ,battus et bref le tribunal administratif a condamné l'état ,parfois le bon sens triomphe d'où la photo ci dessous
/image%2F0931550%2F20260202%2Fob_7e7a91_206951869-bureaucracy-chaos-of-paperwo.jpg)
/image%2F0931550%2F20260202%2Fob_e05c6b_infs-2403-pwdn-01-institu-francaise-hi.jpg)
/image%2F0931550%2F20260202%2Fob_799065_72tgk4prps4pijihrdtnzpm2ae.jpg)