En écrivant ce "papier" je me disais "mais de quoi tu te mêles ? mais tu es qui toi pour apostropher de la sorte ?"
en fait ,je crois que dans la vie il y a quelques petits trucs qu'il faut conserver absolument :
la capacité d'émerveillement en tout premier lieu
la capacité d'indignation et de résistance
je sais qu'en écrivant cela je risque quelques désagréments même physiques mais que serais je si cela me faisait renoncer ?
Un soir, vous partagez chez vous un moment serein avec des gens que vous aimez et que vous respectez. Puis, au détour d’une conversation, vous découvrez des réalités qui vous ramènent brutalement à la violence du monde.
L’autre jour, je discutais avec un ami marocain qui a passé neuf années dans les geôles du Polisario. Torturé de façon abominable, il avait pourtant rejoint ce mouvement parce qu’il croyait à sa sincérité. Il y a découvert la violence, l’embrigadement et des méthodes qui lui rappelaient les pires systèmes de rééducation politique. Sans avoir, selon son récit, commis le moindre acte répréhensible, il s’est retrouvé enfermé pendant neuf longues années, réduit à un numéro dans le désert, vivant dans des excavations, au milieu des coups, de la faim, de la gale, de la teigne et de sa propre fange.
Son histoire n’est malheureusement pas isolée. Dans le sud du Maroc, je connais plusieurs anciens sympathisants du Polisario qui avaient placé leurs espoirs dans ce mouvement. Aujourd’hui adultes, je vois leur visage se fermer lorsqu’ils évoquent ce qu’ils ont subi.
Ce ne sont pas, pour moi, des histoires lues dans un tract ou des arguments de propagande. Ce sont des témoignages d’amis qui disent avoir connu l’enfer.de chair et d'os
Si je prends la plume ,c’est pour mes amis qui ont souffert ,pour une certaine idée que je me fais de ce que la politique autorise et de ce qu’elle ne permet pas
Si je vous raconte cela, c’est parce que je découvre, stupéfait, qu’un conseil municipal , celui d’Ivry-sur-Seine , a voté la prise en charge d’un déplacement du maire et d’au moins une conseillère municipale à Marrakech, afin de rendre visite à un membre du polisario incarcéré dans cette ville.
Cet homme a été condamné au Maroc dans une affaire particulièrement grave. Il figurait, avec vingt-trois autres militants, dont un jugé par contumace, parmi les personnes poursuivies à la suite des violences survenues lors du démantèlement d’un camp de protestation sahraoui en 2010. Ces événements ont entraîné la mort de onze à douze policiers et militaires, selon les décomptes rapportés.
cet homme aurait été l’un des responsables du mouvement, tout en ayant été absent au moment des violences les plus meurtrières. Les juridictions marocaines ont néanmoins retenu sa responsabilité dans cette affaire.
Je ne prétends pas ici refaire le procès. Je sais que les procédures judiciaires, au Maroc comme ailleurs, peuvent être discutées et que les conditions d’un procès méritent toujours d’être examinées. Mais la gravité des faits reprochés ne saurait être passée sous silence.
Pour ma part, lorsque je me suis rendu à Es-Semara, l'année dernière (et pas aux frais de ma commune) , j’ai moi-même connu les tirs de mortier du Polisario. Je sais donc que, dans ce conflit, il n’y a pas nécessairement des enfants de chœur d’un côté et des monstres de l’autre.
Mais ce n’est pas, au fond, le sujet.
Ce qui m’interroge, c’est l’utilisation éventuelle de l’argent des contribuables d’Ivry-sur-Seine pour financer un déplacement militant à l’étranger.
Je ne dispose pas de la délibération permettant de connaître le coût global du voyage, ni le détail des dépenses prises en charge. Je relève toutefois que le maire aurait été accompagné d’une conseillère municipale et de Claude Mangin, présentée dans la communication municipale comme une « militante », alors qu’elle est également l’épouse du détenu.
Si les dépenses de ces trois personnes ont effectivement été supportées par la commune ,on est en droit de s’interroger sur le bien fondé d’une depense publique au bénéfice d’une simple « posture » non productive
Toutes les convictions méritent le respect. Mais les dépenses publiques peuvent elles être justifiées par des choix politiciens qui plus est de politique étrangère et surtout sous couvert humanitaire ?
Le fait que la communication municipale mette en avant la qualité de « militante » plutôt que celle d’épouse n’est pas anodin à mes yeux : il donne à ce déplacement une coloration politique évidente.
Chacun est libre de défendre les convictions qui sont les siennes. Mais si ces convictions sont si fortes, pourquoi ne pas financer personnellement son billet d’avion et celui des personnes qui souhaitent l’accompagner ?
L’argent public n’est pas une caisse destinée à financer les engagements personnels ou les combats idéologiques d’un élu. Il doit répondre à un intérêt public identifiable
Et puis, quelle étrange posture que celle qui consiste à aller dans un pays étranger en brandissant son écharpe de maire français pour tenter d’y peser sur une affaire judiciaire et politique !
L’héroïsme romantique, surtout lorsqu’il est financé par les autres, peut vite confiner au ridicule. Et il peut aussi être perçu comme une forme de prétention : au nom de quoi un maire français viendrait-il donner des leçons à un État étranger sur une affaire aussi sensible ?
Imaginons un instant la réaction de nos compatriotes si des élus étrangers venaient en France rendre visite à des personnes condamnées pour terrorisme et ayant massacré nos concitoyens
Et les autres causes ? Et les autres détenus ?
Une autre question me vient immédiatement à l’esprit.
Pourquoi le maire d’Ivry-sur-Seine,si proche de l’algerie ne déploie-t-il pas la même énergie pour Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie ?
pourquoi ne le fait il citoyen d’honneur de la ville comme il l‘a fait pour son « protégé » ?
Pourquoi ne pas se rendre en Algérie pour défendre la liberté de la presse et demander que la situation de ce compatriote soit examinée avec les nombreux voyages qu’il effectue a tindouf (aux frais de qui ? ) ?
La question n’est pas de mettre en concurrence les détenus ou de hiérarchiser les libertés. Elle est de comprendre les critères qui guident les choix du maire.
Pourquoi certains combats donnent-ils lieu à des déplacements officiels et à une communication politique sans grand rapport avec la gestion communale ?
Est-ce une question de principes universels, ou de proximité idéologique ?
Les relations d’élus d’Ivry-sur-Seine avec les responsables du Polisario, les déplacements à Tindouf et les "marches pour la liberté" a ivry organisées autour de cette cause sont illustrantes d’une forme d’activisme .je ne n'évoque pas les subventions aux associations concernées et l'attraction organisée sur ce sujet mise en place
De même, toute interrogation sur d’éventuels financements extérieurs ne sont pas de mon ressort
Mais une question politique demeure : la commune d’Ivry-sur-Seine doit-elle devenir un lieu de représentation et de soutien privilégié à la cause du Polisario ?
Une commune sans autres urgences ?
Je suis presque admiratif : les habitants d’Ivry-sur-Seine doivent être des gens heureux, et leur commune doit connaître si peu de difficultés que leur maire peut consacrer une part de son énergie à des déplacements et à des combats politiques menés à des milliers de kilomètres de là.
Le maire peut avoir des convictions internationales. Il peut prendre position sur le Sahara occidental. Il peut défendre des détenus. Mais il doit alors expliquer en quoi ses initiatives relèvent de son mandat et pourquoi leur financement devrait incomber à ses administrés. Mais ce choix d’instrumentaliser une commune et son budget a de quoi interpeller
Le Sahara occidental ne se résume pas à un slogan
Je voudrais enfin inviter celles et ceux qui s’intéressent sincèrement au Sahara occidental à regarder au-delà des discours convenus.
Il existe notamment le Mouvement sahraoui pour la paix, qui défend une autre approche de la question sahraouie et dont certains représentants se présentent comme des rescapés des camps du Polisario. Cette initiative mérite d’être connue et examinée pour ce qu’elle propose : une réflexion entre saharaouis sur l’autodétermination qui ne soit pas enfermée dans les intérêts d’un État.
Évidemment, cette voie dérange ceux qui considèrent le Polisario comme l’unique représentant légitime de la cause sahraouie due a la tentative d'éliminer toutes les autres . Mais une question aussi complexe ne devrait-elle pas permettre à plusieurs voix sahraouies de s’exprimer ?
Je vous invite également à vous intéresser à l’histoire des frontières du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de la Mauritanie qui sont des héritages coloniaux c’est d’ailleurs intéressants de constater que si la France ,par exemple , est montrée du doigt et culpabilisée ,il y a des pays qui pour les frontières ne lui reprochent rien et pourtant elles ont été tracées en dépit des réalités humaines et culturelles, et entretenu les rivalités régionales qui ont façonné le conflit.
Il faut aussi s’interroger sur le rôle de l’Algérie dans le soutien au Polisario et derriere l’algerie cette puissance mondiale qui a beaucoup aidé , sur les intérêts stratégiques en présence et sur les conséquences de cette rivalité pour les populations sahraouies elles-mêmes.
Le 15 octobre 2026, la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution annuelle relative au Sahara occidental, avec 152 voix pour, 2 contre et 7 abstentions, et nous savons a quel point la reconnaissance du sahara occidental par bien des pays comme faisant partie du royaume cherifien agace certains
Mais qui peut faire rempart au chaos ? (je ne parle pas en France)
il serait imprudent de considérer le Sahara et le Sahel comme de simples terrains de rivalités diplomatiques. La progression de groupes extrémistes armés dans cette vaste région pose une question de sécurité qui dépasse largement les frontières des États concernés.
Dans cet environnement instable, quels acteurs peuvent contribuer à la stabilité, à la coopération régionale et à la protection des populations ? Quels États peuvent jouer un rôle de rempart contre l’expansion des groupes djihadistes ? Et comment construire une paix durable sans instrumentaliser les populations au profit de stratégies nationales concurrentes ?
Ce sont des questions sérieuses, qui méritent mieux que les postures et les slogans.
Pour revenir à Ivry-sur-Seine, on a le droit d’être universaliste et presque le devoir, mais on n’a pas le droit ,sous couvert humanitaire ,de servir une cause qui a prouvé dans son histoire sa capacité a la violence ,aux meurtres et a l’hegemonie territoriale et idéologique
La solidarité est une valeur respectable. La liberté est un principe essentiel, je suis convaincu que la liberté de l’autre ne soit pas l’apanage du polisario
Et lorsqu’un maire engage l’argent public pour défendre un combat politique à l’étranger, je m’interroge vraiment sur notre devoir a nous élus municipaux
le mouvement saharaoui pour la paix réunit toutes les tribus du sahara, loin des ingérences, avec calme ,sérénité ,une sorte de force tranquille qui est désormais reçue dans toutes les instances comme l'onu ou l'union européenne ,j'ai connu ces hommes et ces femmes "au debut" quand on les regardait avec un sourire .... dubitatif
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