Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 10:03

Petit débat,hier soir,sur les indemnités des élus.Une discussion a contre emploi car mon interlocuteur considérait que tous les élus qui se baissaient leurs émoluments commettaient une erreur.
En fait,il y a une immense ambiguïté,d'autant plus dans notre pays ou personne n'aime parler de son salaire mais tout le monde adore connaître celui de son voisin.Ambiguïté aussi car les fonctions d'élus ne sont pas considérées comme un travail.Ambiguïté car les mêmes qui applaudissent des deux mains lorsque nous nous baissons nos indemnités,n'admettraient pas que nous considérions nos activités comme un passe temps ou un hobby.
Ambiguïté ,enfin, car la plupart de nos concitoyens déplorent que les fonctions d'élus soient monopolisées par des fonctionnaires ou des retraités...et pour cause
Pour ma part,assumant plusieurs mandats,je reçois des indemnités qui me permettent de vivre correctement.
Je cite souvent le sitreva comme exemple,pendant 4 ans,j'ai dirigé 150 salariés,d'une structure gérant 25 millions d'euros, pendant ces années,nous sommes arrivés a redresser la situation financière qui accusait un déficit de plus 16 millions d'euros,4 ans pour remettre d'aplomb tout le dispositif industriel, et pour mettre aux normes les équipements. 4 ans ou il me fallait faire 75 KM a chaque fois que j'allais a rambouillet, sans parler des innombrables rendez vous a chartres ou a orléans,4 ans de travail acharné,intense et tendu.
Indemnités de ce super patron  qui manipule des dizaines de millions d'euros  et met en oeuvre un process industriel complexe ? Environ 800 euros par mois après impôts.....
Car il faut savoir que les indemnités des élus sont soumises a l'impôt.
Comment ne pas être contraint dans ces circonstances a cumuler les mandats mais aussi les horaires?
ceux qui me connaissent,savent quels sont mon rythme de travail et mes horaires.
Sans vouloir se calquer par rapport au privé,je pense que les indemnités devraient avoir une certaine proportion au regard du fonctionnement de la collectivité,c'est dans cet esprit que je me suis opposé, en vain, a un élu qui s'est fait voter des indemnités qui représentent près de la moitié du budget de fonctionnement de sa structure intercommunal.J'ai pensé que c'était disproportionné d'autant plus que l'élu en question bénéficie déjà des indemnités de maire et de ...sénateur.
Lorsque les indemnités de la communauté de communes ont augmenté au renouvellement de mandat, j'ai baissé de 36 % mes indemnités au sictom du hurepoix,par principe.
En fait,l'équilibre n'est pas simple,les fonctions d'élus ne sont pas un métier (nous sommes en Contrat a Durée Déterminée) mais il faut y être professionnel,présent et responsable.
Il faut que tout citoyen puisse occuper ces fonctions cela signifie qu'il ne faille pas une fortune personnelle pour envisager de se présenter a une élection.Cela s'appelle la démocratie, et pourtant ce n'est qu'un voeu pieu.
Lorsque j'ai été élu conseiller général,j'ai du fermer deux commerces,mon emploi du temps ne me permettant plus de mener tout de front et une activité commerciale est souvent ambiguë par rapport a la vie publique.
Comment gérer cela ?
Le fonctionnaire qui est battu ou qui arrête ses fonctions d'élu retrouve son corps d'origine,mais le commerçant, l'artisan,le travailleur indépendant,le cadre qui a été contraint de démissionner, que font ils ?
Certains conclueront lâchement par un "vous l'avez bien voulu", au dela de la démagogie,du populisme, ou du discours de "tous pourris",il faut bien avouer  que tant que les élus n'auront pas un statut qui les contraint assumer leurs responsabilités mais aussi pouvoir envisager l'avenir sereinement,il y aura cette ambiance curieuse et malsaine quine conforte pas notre démocratie.


Partager cet article

Repost0

commentaires

alain 28/10/2008 16:50

Bravo à Jean-Philippe pour la finesse de son analyse que je partage complètement.
En sa qualité d'Enseignant, il sait que sa rémunération dépend partiellement de la qualité de son travail par le biais des promotions au choix, au mi-choix ou... à l'ancienneté. Pour nos Elus, un tel système ne serait pas forcément une mauvaise chose, en tout cas moins arbitraire que la note d'Inspection attribuée après 1 ou 2 h de visite d'un Inspecteur plus ou moins bien luné qui va se trouver face à un(e) Enseignant(e) plus ou moins impressionné(e) et, ce, une fois tous les 3 ou 4 ans. Nos Elus, eux, pourraient être notés au jour le jour, mais, gardons les pieds sur terre.... Tout ce qui est juste n'est pas forcément réalisable..

Mais si seulement nos Elus n'avaient de l'exercice du mandat qu'une notion, celle de se mettre avant tout au service de leurs électeurs, en ne tenant aucun compte des avantages personnels quelle que puisse en être la nature, nous ferions un grand pas vers la notion de rémunération méritée et non pas la rémunération attendue...

Nous n'en sommes pas là, nous en sommes encore loin! Il suffit de revisionner les images des campagnes électorales des uns et des autres, serrant les mains à qui mieux mieux sur les marchés alors que, une fois l'élection obtenue, les mêmes ne savent plus dire bonjour à ceux qui leur ont fait confiance!!

Ah! On n'a pas fini de l'entendre ce maudit refrain "S'ils en font autant, c'est que la place doit être bonne à prendre"...

Jean-Philippe 28/10/2008 15:51

Je souhaite éclairer la notion de l’indemnité d’un élu à l’aide de deux mots : rémunération et rétribution.
Rémunération : « argent reçu pour prix d’un service, d’un travail ».
Rétribution : « ce qui est donné en échange d’un service, d’un travail ».
La définition de la rémunération ne présente aucune difficulté.
Ce n’est pas le cas de la définition de la rétribution que je vais détourner un peu de manière à en faire une notion opérationnelle dans le débat sur le bénévolat ou sur l’indemnité d’un élu.
J’insiste sur la définition de la rétribution : il s’agit bien de n’importe quoi que je pourrais, moi, accepter de reconnaître comme quelque chose que j’ai gagné et que je pourrais utiliser à mon profit. Une rétribution est ainsi subjective et je suis le sujet. Je prends plus que j'accepte le don lorsque je décide de me rétribuer.
L’indemnité d’un(e) élu(e) doit être la rémunération qui lui permet d’exercer son mandat avec la disponibilité temporelle nécessaire sans avoir à se préoccuper de la manière dont cet(te) élu(e) achètera le pain. La rémunération, ce sont des euros et seulement des euros.
La rétribution, c’est ce que l’élu(e) « prend » à ces administrés en retour de l’activité exercée pour elles et eux et en leurs noms d’électeurs et d’électrices: un regard chaleureux, un soupir de soulagement, une lettre de remerciement, la certitude que des habitants de Pecqueuse n’ont plus pensé à déménager depuis l’existence de la gare routière, etc.. La rétribution, c’est ce que l’élu(e) peut prendre chez ses administré(e)s pour se réchauffer le cœur.
Je suis enseignant : je vole régulièrement ma rétribution dans le regard apaisé de mes élèves…
Une activité professionnelle, bénévole, politique, etc. doit permettre une rémunération juste et une rétribution immense (un « trader », rémunéré très grassement est - rêvons - précisément rémunéré grassement car son activité ne lui permettra jamais aucune espèce de rétribution dans le regard apaisé d’un(e) passant(e)).
L’activité politique est l’une des plus belles et, Christian, tu l’exerces de la plus belle des manières.

alain 27/10/2008 22:43

C'est parfaitement vrai, Michèle.... Mon indemnité, je la perçois toujours à travers les liens que j'ai conservés près de 18 ans après avoir quitté "MA" commune, avec l'expression que je ne mets pas en doute du regret exprimé par beaucoup (ce n'est pas un manque de modestie, loin s'en faut!) du temps que j'ai passé à la tête de cette Commune, avec, précisément pour successeur, un "Ami" au sang "bleuté", dont le cousin était Sénateur et qui n'admettait pas forcément, malgré sa condescendance, qu'un simple Instit. puisse occuper une fonction que son rang lui imposait de tenir, lui qui qui était dans "le Bottin mondain"... Ma place, il l'a eue par la force des choses, profitant pleinement de mes ennuis familiaux, il l'a eue, oui, mais pour quoi faire? Encore aujourd'hui, la Population se le demande, heureuse qu'elle est de voir qu'il a enfin décidé de prendre sa retraite en Mars dernier.

Cette indemnité, je la toucherai demain, en allant, à l'approche de la Toussaint, faire mon pélerinage annuel dans le cimetière de ce Village distant de 80 km pour me recueillir sur des tombes, hélas, de plus en plus nombreuses.... J'y vais chaque année en toute discrétion parce que cette démarche étant empreinte d'une grande sincérité, je ne veux absolument pas qu'il lui soit donné une autre signification.

Oui, quand l'on exerce cette fonction, il faut le faire avec amour et passion, sans aucun autre but que de servir les autres, d'atténuer les détresses autant que faire se peut, de donner une âme à une Commune. Il n'y a pas de plus belle indemnité que de se dire:"OUI, j'ai réussi!", mais tout en se disant malgré tout: "OUI, si je le pouvais, j'essaierais de faire encore mieux" et, ce, sans même savoir....ce qui tombera dans mon escarcelle à la fin du mois...

christian schoettl 27/10/2008 21:00

merci alain pour ces comentaires,je m'y retrouve bien en tant que maire de 600 habitants.En sachant que c'est cette fonction les deux pieds dans boue qui donne la peche pour le reste parce que,ce qu'ils appellement "la democratie de proximité" et moi "les mains dans le cambouis" c'est un coeur a coeur formidable,jubilatoire et qui donne parfois l'impression que l'on peut changer les choses et faire des reves des réalités. C'est évideùment pour cela que vous replongeriez ! car la plus belle indemnité ,c'est le plaisir.

alain 27/10/2008 19:01

NON, Michèle, TOUS les Elus ne sont pas des Pourris, mais, OUI, il y en a trop qui ne sont pas à leur place là où ils sont. Tout cela, grâce au suffrage universel, dans la théorie, la meilleure de choses, dans la pratique, la pire ou peu s'en faut... Les Electeurs sont des moutons, plus avides de s'abrutir avec la StarAc que de réfléchir un tant soit peu sur leurs propres intérêts! Pourquoi des "âmes bien pensantes" n'en profiteraient-elles pas pour arrondir les fins de mois et faire du "m'as-tu vu?" Ils auraient bien tort de ne pas en profiter....enfin, pour moi, cette phrase n'est pas à mettre au conditionnel, hélas! Mais que faire face à cette soif de pouvoir, d'orgueil mal placé et cette malsaine cupidité qui résulte de l'inertie générale? Comment tenter de moraliser "la chose publique" quand l'électorat fait tout pour en accroître la "démoralisation"?
Et moi, grand imbécile, je serais prêt à "remettre ça" si l'occasion m'était donnée.....