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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 17:56
chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs
chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs

A janvry ,il y avait aussi les « nourrices » ,ces dames a qui on confiait des enfants de l’assistance publique

chez nous madame goussard et madame barra avaient cette occupation, madame goussard habitait place de la croix verte,elle avait élevé mon ami Dominique ,je crois que, lui ,a fait toutes les betises de la terre jusqu’ a faire le pari de monter en haut d’un poteau électrique pour toucher le fil et retomber brulé sur une partie du corps au 3° degré,

madame goussard qui avait une tête de sorcière et qui me faisait peur l’appelait « le bandit » avec une tendresse inimaginable, elle passait ses journées près de sa porte vitrée a observer le va et vient ou a balayer devant sa porte

quand c’était le cas ,je passais mon chemin de peur de croiser son regard et pour atteindre le bois de montmarre, je faisais le tour du village

des années plus tard devenu maire ,j’ai eu moins peur et nous avons souvent parlé de son mari qui avait été garde chasse et qui avait écrit un livre de souvenirs qui avait été édité "Gibiers et nuisibles Souvenirs d'un garde-chasse".

Toutes ces maisons « ouvrières » ou de rue du bas de village ont été en partie construites quand le cimetière a déménagé de derrière l’eglise vers son emplacement actuel au début du 20 °siecle

le terrain donné par le châtelain était constitué de meulières ,il a été autorisé aux ouvriers agricoles et autres de se servir pour bâtir leur propres maisons et ainsi dégager le site du cimetière

Autant dire que malgré cet avantage le déménagement du cimetière a constitué un traumatisme durable et passionnel :situé au préalable autour de l’eglise,il ne fait pas bon encore aujourdhui d’y creuser trop profond a moins d’aimer les restes humains….mais je reviendrais sur l’église plus tard

La deuxiéme « nourrice » du village était madame barra, une réfugiée républicaine de la guerre d’Espagne, une grande matrone que j’adorais et qui élevait une nichée a géométrie variable comme elle pouvait et a l’espagnole

d’elle je n’en dirais pas plus, car elle est l’actrice de secrets de familles encore très présents dans le village, mais de sa maisonnée un peu , enfant c’était mon havre ,mon « lieu » a janvry ,moi le petit bourgeois ,j’y passais mes loisirs avec toute la bande d’enfants de » l’assistance « 

madame barra partageait cette maison qui était l’ancien bistrot épicerie en face de la mairie avec les duchauffour, ma mémoire défaille, mais je ne suis pas sûr que les relations étaient des plus cordiales

mr duchauffour était le président des boulistes donc certainement un peu communiste, c’était comme cela a l’époque, mais je me trompe peut être ,il avait une aussi grosse voix qu’une forte corpulence, ils partageaient la maison madame barra a l’étage et les duchauffour au rez de chaussée ,je crois, et surtout le jardin un long couloir divisé en deux avec son puits

chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs

A janvry nous avons deux types de puits : les puits de surface que l’on trouve dans pratiquement dans toutes les maisons anciennes, ils récoltent les eaux a deux mètres ou trois ,les eaux qui sont bloquées par une couche argilo pierreuse Comme nous sommes en bord de plateau a janvry a mulleron et la brosse,la couche de limon se rétrécit et les eaux sont accessibles avec des troux de faibles profondeurs,c’est même pour cela que des maisons se sont implantées là

la deuxième sorte de puits sont les deux que nous trouvons ,un refermé sur la place de janvry qui a fourni un temps l’eau a tout le village et celui de mulleron sur la place de la fontaine ,là on ne plaisante plus, plus de 85 mètres de profondeur au moins pour percer la couche de limon ,les 2 mètres de couche d’argile et les 75 mètres de sable de fontainebleau ,des puits creusés et montées a la pierre meulière magnifiques !

Bien sur autant dans les puits de surface, l’eau peut être de qualité médiocre car peu filtrée, autant l’eau qui est passé a travers l’énorme filtre en sable est totalement exempte d’impuretés

a janvry sur la place, on savait quand il allait pleuvoir car le puits « sifflait » ,du fait du changement de pression atmosphérique

Le jardin de madame barra, n’était pas un jardin; mais un vaste clapier ,poulailler qui lui permettait de joindre les deux bouts et de nourrir toute la marmaille,

c’est là où j’ai fait mes premières armes avec les animaux, où j’ai appris que c’était aussi de la nourriture nécessaire a la subsistance des hommes

Dans je ne sais quel tombola a sept ans ,j’ai gagné un dindon, je n’avais pas une sympathie particulière pour l’animal, mais c’était le mien et c’était mon premier animal ,officiellement mes parents prélevaient sur les 5 francs par mois d’argent de poche que je recevais pour payer la pension du dindon a madame barra

c’était pour moi un prétexte supplémentaire a passer mes journées dans cet univers que j’adorais

Les conditions d’accueil pour les enfants étaient ,limites, il y avait des fratries entières ,des massacrés de la vie, mais dans la cuisine de madame barra quand on se mettait a table les mains étaient propres lavées a la pierre a évier et sous la rudesse, il y avait assez d’amour pour que le lapin sorti du clapier la veille ,énucléé et « proprement » tué ait ce gout ineffable de paix etde sérénité pour ces rescapés de la vie

ma mère s'est beaucoup impliquée au point d'avoir suggéré la création de la maison pour enfants de l'"assistance" a la "chanson", mais j'y reviendrai   

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Published by Christian SCHOETTL
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commentaires

Marie 14/06/2015 13:08

Mme Goussard... toute petite, j'allais frapper a sa porte en rentrant de l'école et elle nous sortait da boite metallique ronde pleine de bonbons !

patricia 14/04/2015 23:35

Oh la la les souvenir s remontent superbe post