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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:20
chronique de mon village : janvry l'église au coeur du village
chronique de mon village : janvry l'église au coeur du village

des chroniques ou l'on  passe de l'ane au coq puisqu'il s'agit là de l'église ,qui sont sans logique et qui n'obéissent  qu'a ces reminissences de mémoire qui me dicte d'écrire,j'implore toute personne qui a la sensation que l'on parle d'elle ou de sa famille de bien mesurer que je me suis attaché a ce que personne ne puisse décoder ,et qu'en aucun cas je ne souhaiterai blesser qui que ce soit

chronique de mon village : janvry l'église au coeur du village

A l’entrée de janvry après la croix verte la colonne dite de "la mère des douleurs" vient rappeler qu’une châtelaine de JANVRY est morte en couches, les douleurs sont silencieuses pour les petites gens, plus publiques pour les autres

Retour a l’église, les plans montrent que le parvis était beaucoup plus grand, prenait une partie de la place du village et on le devine quand on regarde les douves du côté du monument aux morts ,une vaste esplanade aujourd’hui disparue qui laissait un passage pour passer de la « grande ferme » a la « petite ferme » dite maison des chevaliers, rue du clos des vignes face a la grande ferme sur la droite existait par le passé la ferme saint simon qui a pour seul vestige,la grange transformée par l’architecte caillard en résidence secondaire et qui a été le théâtre d’une fête phénoménale quand j’avais 5 ans dont je me souviens ,

c’est sur l’emplacement de la ferme que fut construit le presbytère ,dans le jardin du clos saint simon il y a une mare, ,j’ai toujours pensé qu’ils s’agissait de la trace d’une souterrain écroulé partant du château de janvry comme la légende fait courir le bruit que les châteaux de la région étaient tous reliés par des tunnels dernier traumatisme de la guerre de cents ans

le cœur de l’église date du 14° siècle et elle a été agrandie peu a peu, sur la nef de gauche, la pierre tombale de jehan de baillon chevalier de marivaux et ancêtre de …..celine Dion

 

chronique de mon village : janvry l'église au coeur du village

quant a Magdeleine la cloche, nous avons appris récemment qu’elle avait été fondue par les mains du même maitre fondeur que les cloches de notre dame de paris

Je connais mal les démêlés d’un curé de janvry convaincu qu’un tableau de l’église était un chef d’œuvre de Rembrandt qui se débattit pour le faire reconnaitre en vain, perdu le curé ,perdu aussi le tableau !

A l’église, une entrée privative coté château permettait aux maitres de lieux de se rendre directement à leurs places réservées, je l’ai connu enfant, la pratique a cessé…..

Traditionnellement depuis 1958 le pouvoir politique a JANVRY a quitté l’église et le château , alors qu’il était entendu que le vrai conseil municipal se tenait sur le parvis le dimanche matin a la sortie de la messe, du coup une sensation caricaturale de dom Camillo

au point que la folie clochemerdesque peut atteindre des sommets, dans les années 1990 ,nous nous sommes acharnés a tenter de redémarrer le mécanisme de l’horloge ,des heures de patience et de nettoyage, pour retrouver systématiquement dès le jour suvant  le mécanisme bloqué par de la fiente ,du sable ,de la terre,

de guerre lasse, nous avons démonté le mécanisme ,il est désormais rangé ,nettoyé dans le grenier de la mairie a l’abri des diaboliques

idem pour le cadran qui trône désormais dans l’escalier de la mairie, quant au coq tiré tant de fois par les chasseurs sortis des bistrots que son corps repose aux archives, nous l’avons remplacé

L’église de janvry,c’est sur le parvis de cette église que pour la première fois ou presque Fabrice lucchini a joué devant un public, c’est aussi pour moi le souvenir de 1968 et des pompes funèbres en grève avec ma mère nous contraignant mes frères et moi a jouer les croque morts habillant la méhari rouge sang de mon frère de draps noirs pour en faire un corbillard de fortune ! 

chronique de mon village : janvry l'église au coeur du village
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 02:58
cahuita dans les caraibes

Pour certains les caraibes, c’est la république dominicaine ,le soleil, la musique, la mer ,la détente ,le repos, les hôtels de 750 chambres voir plus ,les 15 restaurants sur place et le « all incluse » c’est easy jet ,corsair,xxl et quelques-uns qui forment un convoi interrompu qui déverse des vacanciers en mal de lumière, de chaleur et de farniente

De ces sarcelles sur mer en béton, il en regorge sur toute la caraïbe qu’ils s’appellent cancun ,varadero, punta cana ou autres, ce n’est pas péjoratif ,ils ont leur raison d’être quasiment extraterritoriale, ces hotels pourraient situés dans n’importe quel pays ,ils se ressemblent et remplissent une fonction honorable, celle du mot vacances dans toute son acception du terme

Il y a une autre caraibe, où la plage n’est pas balayée le matin, où il pleut souvent, où il y a ce je ne sais quoi qui vous transforme en explorateur, c’est vers celle-là que nous sommes allés

A cahuita,c’est a l’hotel atlantido que nous avons fait escale, une tout petit hôtel tenu par des canadiens ,adorables ,débordant d’attentions ,dans un jardin d’eden,avec ma petite troupe nous l’avons completement rempli ou presque c’est dire si nous étions en famille, tellement chez nous que nous avons même fait au village a côté l’emplettes de quelques langoustes que nos canadiens nous ont gentiment cuit le soir en complément des grillades qu’ils avaient prévu

Essayez la manœuvre dans un hôtel classique…

cahuita dans les caraibes

Cahuita ,c’est un parc national avec la jungle qui borde la plage, on marche en souffle de la mer ,odeur du sable et bruit de la jungle Comme souvent dans ce voyage, j’aurais plus souvent envie de vous montrer des images que de faire des commentaires, la sensation que cela parle tout seul

cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes

pleine nature,intacte ,une atmosphére comme je les aime,un village  a la "caraibe" vrai un peu déchiré ,un peu  rasta ,un peu nochalant douceur de vivre

cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes

si les langoustes ont été  rapidement englouties ,chaque jour est la découverte a chaque repas d'un jus de fruit aux parfums parfois inconnus,une pure merveille de nature là aussi

cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes

l'accouplement de la grenouille a yeux rouges est beaucoup plus long que chez  l'homme enfin que la plupart des hommes

cahuita dans les caraibes

l'idée de partager avec vous l'immense diversité de fleurs communes et magnifiques

cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes
cahuita dans les caraibes

demain c'est tortuguero et cela c'est une autre histoire

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 17:42
chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson

Il y a, a janvry ,une demeure,pour celui qui passe une belle propriété derrière d'imposantes grilles,pour beaucoup d'entre nous ,un des coeurs battants de la commune pendant des décennies après avoir été habitée pendant 4 générations par une même famille,

»la chanson, c'est l'histoire d'une famille chassée par la révolution russe qui reconstruit sa vie et son univers dans notre village avec des personnages immenses, surgis du passé comme fedor chaliapine tenor russe celebrissime,et puis une pension de famille qui s'honore de la présence, de personnalités comme coco chanel ou gerard philippe,

une maison qui acceuillera apres les adultes, bien des enfants qui pour beaucoup en feront leurs racines pour combler les blessures

chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson

 je garde en moi, l'odeur de cire d'abeille qui y régnait ,du grenier aux milles mystères et milles déguisements pour les soirs de spectacle

chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson
chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson

 de l'immuable cuisine, deuxième lieu de vie de la maison, avec sa pierre évier polie par au moins un siècle d'usage, des souvenirs de dames repassant et faisant la cuisine, du père "jeannot" vieux boyard russe qui ne s'était jamais appelé jeannot avec ses grosses bottes de caoutchouc ,sa gapette ,sa barbe blanche et ses gitanes maiis, charriant par la petite porte les poubelles j'ai ce souvenir de gerard Philippe déambulant dans les allées du parc et que nous avions consigne formelle de ne pas déranger le premier lieu de vie de la maison ,le cenacle ,là où quand tu étais convoqué ,c'était pour prendre une engueulade ! la magnifique salle avec son immense baie vitrée ces murs ont vibré de cris d'enfants, de fêtes très joyeuses, de diners des notables locaux,

chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson
chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson
chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson
chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson

combien de photos en noir et blanc avec monsieur le maire ,son épouse ,le docteur petitjean (le père) son épouse, et plein de gens que la vie a emporté combien de photos des spectacles des enfants avec mon frère menant la danse, avec jacques mastalsky et tous les autres certains de ces enfants ont crée des groupes comme le ""bonheur des dames», beaucoup viennent frapper a la porte avec émotion, du haut de leurs 60 ans parfois !

mon souvenir pour la grand-mère smirnoff qui disait "un homme qui ne boit pas ,qui ne fume pas et qui ne fait pas l'amour, ce n'est pas vraiment un homme" souvenir d'igor qui gérait son immense potager, c’est là où j'ai vu pour la première fois de ma vie un artichaut en fleur, j’étais enfant, je l'ai totalement dans ma mémoire par sa beauté

igor qui poussait une énorme brouette métallique avec une grande roue caoutchoutée et qui activait un feu permanent a la forme d'un volcan dans le sous bois igor qui se tenait prudemment a distance de cette maison où nastia son épouse était la patronne, le chef d'orchestre et la maitresse des lieux et qu'il regardait avec tendresse et adoration

la légende veut que tolstoi prenant les eaux a forges les bains soit monté ici, en fait, c’est possible et probable car cette maison est un roman russe, avec ses drames, ses larmes ,ses passions outrées, ses générosités, et ses âmes blessées ces lieux, ce parc ,ses allées, ses arbres ,ont fabriqué mon enfance, les arbres avaient un nom, le rhinocéros, la pieuvre etc..l'etang où nous faisions du patin a glace,l'hiver,les patins sont encore là ,le terrain de volley,,la chasse au prisonnier, les allées amoureusement entretenues par igor qui nous permettaient des courses folles en velo,tout est en pointillisme,

cette maison c'est aussi coco chanel débarquant avec ses lévriers,joseph kassel,gerard philippe gribouillant les murs de sa chambre,c'est "la plus belle fête de l'été" organisée vers 1960 ,un investissement cinglé suggéré par les bobos parisens locaux qui avaient oublié que la meto est capricieuse ,je me souviens du spectacle d'apocalypse des manèges répartis dans le parc s'enfoncant dans la boue due  a un déluge  incroyable ,les manéges de travers ,le ring de boxe ou l'on l'attendait l'"ange blanc" disparaisssant ous l'averse ,la télévision annulant sa venue ,la soirée russe avec musique tzigane oubliée,la ruine annoncée pour le budget municipal si les espagnols n'avaient pas organisé,dans la grange saint simon , une fête  impromptue avec vente a l'encan de tout ce qui était possible et ont réuni ainsi l'argent pour boucher le trou de cette folie 

au résultat je n'ai jamais envisagé de vivre ailleurs que dans mon village, il y eut même un temps où la chanson avait sa succursale et avait une sorte de boite de nuit, salle des fêtes pour copains qu’ils avaient appelé « le chose » dans les bâtiments occupés aujourd’hui par ecomesure, derrière ses bâtiments il y avait la grange avec la calèche ou le vieux smirnoff allait chercher les clients a la gare d’Orsay ,face a la gare ,il y avait des garages a diligences et des boxes pour les chevaux

chroniques de mon village : janvry n°9 la chanson
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 04:42

la legende familiale raconte bien des choses apropos de nos ancêtres ,je l'écris pour que la memoire là aussi ne se perde pas mais mais l'une de nos aieules ait fauté avce blasco ibanez et  donné naissace a un enfant dont nous sommes la descendance mais pour les non hsipaniques cela ne dira rien ,ibanez pour les francais cela sonne comme un guitariste

dans l'histoire familiale ,on dit que notre premeir ancêtre qui mit les pieds en amérique le fit durant la deuxiéme expédition de Cortés,a chaque fois que je viens dans ces régions ,je ne peux m'empêcher de penser a ces hommes,ultra violents ,avides d'or ,de sexe,et de posséssions, génocidaires guidés par la croix

mais aussi aux conditions épouvantables de survies dans lesquelles ils ont survécus : dysentries,moustiques plus gros que des rafales et aussi efficaces,armures et tenues totalement inadaptées a la chaleur folle,aux marais infestés d'une faune dont ils n'ont pas la moindre connaissance,au costa rica ,pas moins de 29 sortes de serpents mortels,de batraciens venimeux,sans parler des caimans et et crocodiles qu pullulent ,

quelque part étonnant ,que sans médicaments ,et dans de telles conditions ils aient survécus même si beaucoup sont morts,juste pour l'or

en quittant san josé
en quittant san josé

Quitter san jose c’est emprunter ces routes étonnantes d’amérique ce n’est pas la transaméricaine mais cela y ressemble où règnent en maitre de la route,en seigneur du bitume, ces poids lourds monstrueux

,aucun ne se ressemble, des masses énormes de fer et de chrome qui semblent conçus pour aller d’Ushuaia jusqu'au canada, des maisons ambulantes où résident la caste des chauffeurs

 

Impressionnant de les voir dévaler a pleine vitesse des descentes incroyables cote a cote avec ces dizaines de mètres de marchandises, de containers ,de citernes en tout genre derrière eux, étonnant de voir ces monstres rangés comme a la parade a l‘heure de la pose déjeuner ou prêts au bivouac la nuit comme au temps des cow boys ,

un monde a part avec ses règles ses rudesses et es solidarités,leur klaxon sont des cornes de brumes ,ils foncent dans le brouillard avec la force tranquille d’être les mastodontes qu’ils sont

en quittant san josé
en quittant san josé
en quittant san josé
en quittant san josé
en quittant san josé

que l'on soit un gros 4X4,un camionette,une simple voiture,ou un autibus nous ne sommes qu'admis sur le ruban noir parmi ses monstres,ils sont comma dans la fourmilière celles qui approvisionnent la communauté avce ce sentiment d'intime priorité dans leur action

quitter sans josé ,c'est plonger dans la végétation ,dans ces billets ,je serais redondant ,répétitif mais la nature fait la démonstration de sa créativité sans limite dans sa productions ,ses gouts ,ses formes ,ses parfums et parfois ses cruautés

ce voyage ne celèbrera pas 'l homme mais la nature dans toutes ses expressions

en quittant san josé
en quittant san josé
en quittant san josé
en quittant san josé

c'est un autre monde qui s'ouvre où l''electricité ,internet et quelques élements de notre civilisation sont gommés,on en revient  ade la cuisie sur des  matériels très basiques et des parfums de nature au charme total 

en quittant san josé
en quittant san josé

une course vers l'atlantique ,vers la cariabe ,la plus petite longueur de cote du costa rica souvent la moins aimée et pour cause il pleut beaucoup mais bien des territoires y sont vierges et restent a découvrir,au bout de la longue route ,un bungalow dans un jardin luxuriant ,on y est !

en quittant san josé
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 17:56
chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs
chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs

A janvry ,il y avait aussi les « nourrices » ,ces dames a qui on confiait des enfants de l’assistance publique

chez nous madame goussard et madame barra avaient cette occupation, madame goussard habitait place de la croix verte,elle avait élevé mon ami Dominique ,je crois que, lui ,a fait toutes les betises de la terre jusqu’ a faire le pari de monter en haut d’un poteau électrique pour toucher le fil et retomber brulé sur une partie du corps au 3° degré,

madame goussard qui avait une tête de sorcière et qui me faisait peur l’appelait « le bandit » avec une tendresse inimaginable, elle passait ses journées près de sa porte vitrée a observer le va et vient ou a balayer devant sa porte

quand c’était le cas ,je passais mon chemin de peur de croiser son regard et pour atteindre le bois de montmarre, je faisais le tour du village

des années plus tard devenu maire ,j’ai eu moins peur et nous avons souvent parlé de son mari qui avait été garde chasse et qui avait écrit un livre de souvenirs qui avait été édité "Gibiers et nuisibles Souvenirs d'un garde-chasse".

Toutes ces maisons « ouvrières » ou de rue du bas de village ont été en partie construites quand le cimetière a déménagé de derrière l’eglise vers son emplacement actuel au début du 20 °siecle

le terrain donné par le châtelain était constitué de meulières ,il a été autorisé aux ouvriers agricoles et autres de se servir pour bâtir leur propres maisons et ainsi dégager le site du cimetière

Autant dire que malgré cet avantage le déménagement du cimetière a constitué un traumatisme durable et passionnel :situé au préalable autour de l’eglise,il ne fait pas bon encore aujourdhui d’y creuser trop profond a moins d’aimer les restes humains….mais je reviendrais sur l’église plus tard

La deuxiéme « nourrice » du village était madame barra, une réfugiée républicaine de la guerre d’Espagne, une grande matrone que j’adorais et qui élevait une nichée a géométrie variable comme elle pouvait et a l’espagnole

d’elle je n’en dirais pas plus, car elle est l’actrice de secrets de familles encore très présents dans le village, mais de sa maisonnée un peu , enfant c’était mon havre ,mon « lieu » a janvry ,moi le petit bourgeois ,j’y passais mes loisirs avec toute la bande d’enfants de » l’assistance « 

madame barra partageait cette maison qui était l’ancien bistrot épicerie en face de la mairie avec les duchauffour, ma mémoire défaille, mais je ne suis pas sûr que les relations étaient des plus cordiales

mr duchauffour était le président des boulistes donc certainement un peu communiste, c’était comme cela a l’époque, mais je me trompe peut être ,il avait une aussi grosse voix qu’une forte corpulence, ils partageaient la maison madame barra a l’étage et les duchauffour au rez de chaussée ,je crois, et surtout le jardin un long couloir divisé en deux avec son puits

chroniques de mon village : janvry ,les enfants d'ici et d'ailleurs

A janvry nous avons deux types de puits : les puits de surface que l’on trouve dans pratiquement dans toutes les maisons anciennes, ils récoltent les eaux a deux mètres ou trois ,les eaux qui sont bloquées par une couche argilo pierreuse Comme nous sommes en bord de plateau a janvry a mulleron et la brosse,la couche de limon se rétrécit et les eaux sont accessibles avec des troux de faibles profondeurs,c’est même pour cela que des maisons se sont implantées là

la deuxième sorte de puits sont les deux que nous trouvons ,un refermé sur la place de janvry qui a fourni un temps l’eau a tout le village et celui de mulleron sur la place de la fontaine ,là on ne plaisante plus, plus de 85 mètres de profondeur au moins pour percer la couche de limon ,les 2 mètres de couche d’argile et les 75 mètres de sable de fontainebleau ,des puits creusés et montées a la pierre meulière magnifiques !

Bien sur autant dans les puits de surface, l’eau peut être de qualité médiocre car peu filtrée, autant l’eau qui est passé a travers l’énorme filtre en sable est totalement exempte d’impuretés

a janvry sur la place, on savait quand il allait pleuvoir car le puits « sifflait » ,du fait du changement de pression atmosphérique

Le jardin de madame barra, n’était pas un jardin; mais un vaste clapier ,poulailler qui lui permettait de joindre les deux bouts et de nourrir toute la marmaille,

c’est là où j’ai fait mes premières armes avec les animaux, où j’ai appris que c’était aussi de la nourriture nécessaire a la subsistance des hommes

Dans je ne sais quel tombola a sept ans ,j’ai gagné un dindon, je n’avais pas une sympathie particulière pour l’animal, mais c’était le mien et c’était mon premier animal ,officiellement mes parents prélevaient sur les 5 francs par mois d’argent de poche que je recevais pour payer la pension du dindon a madame barra

c’était pour moi un prétexte supplémentaire a passer mes journées dans cet univers que j’adorais

Les conditions d’accueil pour les enfants étaient ,limites, il y avait des fratries entières ,des massacrés de la vie, mais dans la cuisine de madame barra quand on se mettait a table les mains étaient propres lavées a la pierre a évier et sous la rudesse, il y avait assez d’amour pour que le lapin sorti du clapier la veille ,énucléé et « proprement » tué ait ce gout ineffable de paix etde sérénité pour ces rescapés de la vie

ma mère s'est beaucoup impliquée au point d'avoir suggéré la création de la maison pour enfants de l'"assistance" a la "chanson", mais j'y reviendrai   

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 05:09

dans un billet récent ,je vous informais de ces interprètes afghans de l'armée francaise qui ont servi loyalement notre pays et a qui la france refuse désormais d'accorder un visa ;les laissant abandonnés et poursuivis par les talibans qui les executent et les torturent dès qu'ils les attrappent ,c'est juste indigne et ignoble pour un pays qui accorde a quelqu'un des qul fait la preuve que sa vie est en danger pour raisons politiques dans son pays ,ce n'est donc pas vrai pour nos supplétifs afghans !

interprètes afghans quand le mot devoir prend tout sens républicain

je suis au costa rica et c'estdifficile d'agir de loin,je demande a tous mes amis lecteurs de blog,et sur facebook de partager ce billet

voici ce que dit l'avocate qu mène ce combat 

Une initiative citoyenne  a vu le jour pour aider nos frères afghans qui ont servi l'Armée Française et qui sont actuellement en danger de mort !

Je vous invite tous à venir liker la page facebook : Collectif des Avocats au service des auxiliaires afghans

ainsi que celle Concert solidaire au service des auxiliaires afghans.

Une pétition citoyenne sera mise en place ce jour et vous y aurez accès via facebook.

Merci aussi de passer le message à TOUS vos contacts pour faire monter la pression sur le Président de la République afin qu'ils nous recoivent avant l'introduction du contentieux.

Unis nous allons réaliser l'une des plus belles boules de neige jamais constituée afin de CRIER HAUT ET FORT que le PEUPLE DE FRANCE est un peuple LOYAL et HUMAIN qui ne laissera jamais ses frères se faire tuer alors qu'ils ont sauvé la vie de militaires français

interprètes afghans quand le mot devoir prend tout sens républicain

je vous invite a aimer a partager et a saisir vos élus qui me semblent sans réaction alors que leur capacité d'indignation devrait être totale !

https://www.facebook.com/pages/Collectif-davocats-au-service-des-auxiliaires-afghans-de-larm%C3%A9e-fran%C3%A7aise/1113633051996776

alors soyez sympas partagez !

il sera temps demain que je vous parle de choses plus légères !

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 17:16
chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée

j'espère que vous avez hate d'avoir la suite !

Je parle peu de l’église car de mon coté je ne l’ai fréquentée que dans les bancs du fond où les jeunes gravaient leur noms et leurs messages amoureux et où nous guettions les filles du village,j’ai d’autres anecdotes avec l’eglise mais elles viendront plus tard

Je me souviens par contre de mr joseph ,ce personnage incroyable a mes yeux forgeron terrible qui battait le fer avec rudesse et application qui nous faisait agiter le soufflet jusqu’a ce qu’ill’ électrifie, quand il se tenait devant son feu a battre la matière incandescente, il fallait attendre et rien ne l’aurait interrompu sauf peut-être la venue de mon père pour qu’il vouait je crois un grand attachement

Durant la guerre notre village ne s’est pas couvert de gloire, les allemands occupaient le château ,la plupart des agriculteurs se sont refait une santé financière grâce aux produits qu’ils vendaient soit a l’armée allemande soit au marché noir ,c’est un fait ,il faut l’assumer et comme ne pas dire que certains, heureusement pas de janvry ,se postaient sur la route de Limours pour vendre de l’eau a boire aux parisiens qui partaient pour l’exode,

chacun dit ici que les agriculteurs les de cokere de frileuse et le grand père brichard ont sauvé l’honneur,ce qui ne veut pas dire que localement on ne s'entraidait pas ,cela veut dire que pour des "étrangers" c'était plus difficile

je sais que c'est un sujet inabordable et source de blessures,sur lequel un chappe de silence reste posée

quant a la résistance ,si elle fut relativement discréte ,j'ai la dessus une théorie toute personnelle  : durant la guerre la direction nationale du parti communiste etait a trois têtes :charles tillion,  caché a limours,jacques duclos a palaiseau ,et benoit frachon a forges les bains,une des imprimeries clandestines du parti communiste avait été déménagée a gometz la ville ,

nos trois clandestins sillonnaient le hurepoix en velo sous prétexte de peinture amateur pour se retrouver ! j'ai la profonde conviction que la résistance de  facon non affichée avait été priée de ne pas faire risquer une arrestation a un barrage de ces trois hommes en ayant une activité trop marquée dans ce triangle geographique,alire sur le sujet l'excellent livre d'emmanuel de chambost  les cyclistes du hurepoix

 

claude sarraute et jacques becker realisateur notament des amants de montparnasse
claude sarraute et jacques becker realisateur notament des amants de montparnasse

claude sarraute et jacques becker realisateur notament des amants de montparnasse

Un peu piteux de savoir que madame nathalie sarraute ses filles et le réalisateur jacques becker venus se cacher des rafles dans la maison du jardinier de la chanson ont du s’enfuir de notre village suite a une dénonciation

A JANVRY, vivait un monsieur pouillaud ,un monsieur sans grand relief, qui avait tenu au lendemain de la guerre et jusqu’en 1990 un magasin sans âme et poussiéreux de chaussures dans la commune de Limours

un monsieur tout le monde, un quidam , un peu gris, sans grande intelligence Pourtant un matin de 1940 mr pouillaud, qui ne lisait pas plus les journaux qu’un autre ,qui n’avait une conscience politique avérée , a fermé la porte de sa maison de JANVRY et est parti a pied vers l’Espagne, c’est loin l’Espagne ,a pied ,même en temps de paix

Il a traversé les Pyrénées s’est évadé de geôles espagnoles où on l’avait enfermé, est passé par Gibraltar, le maroc, avec une énergie désespérée a rejoint Dakar pris un bateau rejoint Londres s’est enrôlé dans la 2°db, a débarqué en France est arrivé avec sa colonne jusqu’à Limours est remonté a vélo a janvry pour embrasser les amis et a rejoint sa colonne pour foncer vers l’Allemagne

Toute ma vie je m‘interrogerais sur ce qui il y a eu de certitude sacrée au fond de monsieur pouillaud et qu’est-ce qui l’a fait naitre

J’ai connu mr pouillaud qui habitait rue du marchais a la fin de sa vie, dans une situation financière délicate, avec l’étonnement pour moi d’être face a un héros et a un mystère

Le « jour de la libération » jean joseph s’est précipité pour accrocher un drapeau français en haut du clocher, mais sur la route de chantecoq ,les villageois ont cru voir arriver une colonne allemande ,

jean joseph a regrimpé vite fait descendre le drapeau jusqu’à ce que la colonne en question se révèle être l’armée canadienne !

chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée
chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée
chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée
chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée
chroniques de mon village janvry N°3 janvry occuppée janvry libérée
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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 01:39

27 heures de voyages, huit heures de décalage horaire, une escale de 5 heures a atlanta qui semble interminable pour atteindre le costa rica ,une journée qui gonfle en durée par la magie des latitudes et des méridiens Au résultat la première journée, les quelques neurones que je pourrais revendiquer sont hors d’état de fonctionner et puis a tout avouer un choc post électoral que ce voyage permet de laisser s’exprimer Atlanta ,mac do ,les américains qui vous donnent la sensation que nous sommes minces les couleurs flashies

costa rica,atterrissage enfin
costa rica,atterrissage enfin
costa rica,atterrissage enfin
costa rica,atterrissage enfin

San José n’est pas la plus belle ville du Costa Rica d’ailleurs ici, il faut venir ici pour la nature car les centaines de tremblements de terre ont passé au tamis la plupart des constructions de l’époque coloniale,

un immeuble ou deux neufs tentent de braver les éclats de rire de la terre et le seul tunnel du pays a eu bien du mal voir le jour

C’est certainement du fait de l’instabilité du sol qu’aucune grande civilisation n’a fait le choix d’édifier et de prospérer ici, comme plus au sud, ou plus nord vers le Guatemala ou le Mexique

Après le bouthan, c’est le deuxième pays que nous visitons où la cigarette n’est pas la bienvenue, dans le très chic hôtel où nous sommes descendus ce sont deux cents dollars d’amende a qui est surpris en train de fumer et même sur les places de la ville, celui qui allumerait une cigarette serait dévisagé avec désapprobation

Dans cette journée un peu fantomatique, petit grimpette au volcan poas a 2400 mètres, éternellement embrumé sauf dans les photos des guides touristiques, un cirque immense de 1300 mètres, une nature incroyable qui est entièrement tournée vers l’eau

Une mention très britannique pour les visiteurs « en cas d’éruption, attention aux retombées de pierres … »

costa rica,atterrissage enfin
costa rica,atterrissage enfin
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Pays étonnant qui a eu son indépendance sans presque la demander, qui fait une guerre civile de 15 minutes pour décider si elle était absorbée par le Mexique ou si elle restait indépendante, les habitants de San José dans ce « combat » homérique se sont emparés de la statue de la vierge des habitants d’Alajuela qui souhaitaient la fusion …. Ce signe a suffi a arrêter toute effusion de sang et trancher définitivement le débat, pour une fois que la religion évite des morts c’est à saluer

Visiblement les populations autochtones peu concernées par ces tribulations se sont un peu plus enfermées dans les tréfonds de la jungle

costa rica,atterrissage enfin
costa rica,atterrissage enfin
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petit passage a la banque avce un panneau sympathique qui invite le visiteur a ne pas porter de casquette ,de lunettes de soleil,a ne pas téléphoner et a ne pas rentrer... armé

allez demain c'est la caraibe et l'exubérance

costa rica,atterrissage enfin
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 16:06

je reprends mon récit où je l'avais abandonné

mr joseph adorait un peindre,un tableau par jour au moins et surtout et avant tout des images resurgies de sa mémoire d'enfant de janvry

mr joseph adorait un peindre,un tableau par jour au moins et surtout et avant tout des images resurgies de sa mémoire d'enfant de janvry

L’époque aussi où la forge de monsieur joseph et surtout de son père battait son plein, mais voyait arriver la mécanisation

celui qui remonte la rue du marchais en observant bien, découvrira des anneaux scellés dans les murs des façades des maisons qui remontent ainsi jusqu’ a la forge ,car, en fait, le lundi matin ,sagement alignés le long de la rue et venues des fermes se trouvaient les bêtes qui avaient besoin d’un ferrage

ma jument est sans doute le dernier cheval que mr joseph a jamais ferré, dieu sait  s’il avait une dextérité folle pour travailler le fer, mais pour le ferrage il avait un peu perdu la main ! et avait mis a ma petite jument des fers de cheval de labour comme si on avait chaussé une jeune fille avec des bottes de taille 48 !

La rue du marchais, le lundi matin devenait donc une sorte de foire de maquignons avec les bêtes attachées aux anneaux tout le long de la rue montante et les vachers et garçons de ferme a discuter en attendant leur tour

en haut on entendait battre le fer

A l’Age où je pêchais le goujon ,les tracteurs avaient pris le pas ,la rue avaient perdu ce rendez vous quotidien

l'intérieur de la forge n'a pas bougé
l'intérieur de la forge n'a pas bougé

l'intérieur de la forge n'a pas bougé

chroniques de mon village  : janvry N°2 les zincs et le fer

sur la place, Christiane tenait son bar épicerie où le beurre avait souvent attendu le client et dont le cours suivait aussi la tête du client  ,un bar bruyant qui avait la préférence des chasseurs et des boulistes qui occupaient l’arrière de l’église

ensuite le café du père lucas, avec sa pompe a essence, sa terrasse en extérieur,ses faux colombages et son enseigne où l’on pouvait « apporter son manger »

chez lucas ,qui faisait aussi tabac ,surtout tabac a priser,le « gris » et gitanes mais ,il y avait une délicate vitrine avec la balance en bronze pour peser le tabac ,un tourniquet avec les cartes postales de janvry très sépias, peu en couleurs, qui révélaient une guerre d’éditeurs entre les cafés de la place

et surtout sur la droite en rentrant, pour nous, les gosses ,il y avait la réserve avec les fils ,les hameçons et les bouchons ,ressource indispensable au regard de ce que nous perdions de matériel accroché aux ronces et aux fougères qui nichaient dans le mur des douves

chez Lucas ,c’était plutôt les vieux a gapettes avec la gitane ,le comptoir était petit et trône désormais dans notre foyer des bois .

La pompe a essence a été longtemps une pompe a bras avant de se moderniser

dans ma mémoire d’enfant, c’était la marque avia ou star

 

chroniques de mon village  : janvry N°2 les zincs et le fer
chroniques de mon village  : janvry N°2 les zincs et le fer

Enfin la bonne franquette toujours restée a cette enseigne même si "dans le temps » elle s’appelait l’hôtel des voyageurs » et même si un temps elle est devenue le Bacchus friand, elle revenue dans les années 90 a ses fondamentaux

Madame cousset était le maitre des lieux , petite bonne femme hyperactive et autoritaire

je crois, mais je me trompe peut être qu’il y avait anguille sous roche entre monsieur lucas et madame cousset !

Pour nous, les douves étaient l’observatoire idéal durant les heures d’attente avant que d’espérer qu’un bouchon s’enfonce frénétiquement et que notre cœur batte plus fort

, La bonne franquette, c’était pour nous les mômes « la bonne table » quand on pouvait se payer un diabolo menthe je ne peux jamais en boire un, sans penser a ces instants, a chacun sa madeleine de proust ! ,

c’était aussi la cabine téléphonique de janvry avant d’être récupérée par monsieur lucas et bien plus tard par pierrette beslot femme du garde champêtre indemnisée pour « tenir » le téléphone public ! « et cela ce n’est le moyen âge ce sont les années 70 !

j’ai toujours pensé que cette indemnité avait été créé, pour faire un petit plus, pour essayer d’attirer un employé communal dans ces années où la France était en plein emploi et où il n’était pas facile que cela de recruter

En attendant la cabine publique était a la bonne franquette ,un téléphone en ebonite avec un poussoir latéral qu’il fallait agiter plusieurs fois pour « faire » de l’électricité et obtenir l’opératrice

,cérémonieusement madame cousset ,tendue comme un arc, annonçait « ici le 1 tout seul a janvry » ,le 1 tout seul a JANVRY restera à vie gravé dans ma mémoire et celui qui aujourd’hui a le 016490 0001 a hérité du numéro de la première ligne téléphonique arrivée sur janvry

Le grand évènement, dont je ne me souviens plus de fréquence (madame beauchet me glisse que c'était le mercredi) car j’étais vraiment minot ,c’était l’arrivée du cinéma ambulant ,toujours a la bonne franquette

on débarrassait la salle du fond et le monsieur déballait tout de sa voiture et projetait « le » film

sincèrement aucune mémoire de plus, sinon que cela remplissait la salle

L’autre visite spectaculaire pour nous était le bouilleur de cru qui s’installait place de la croix verte a la saison et où chacun amenait ses tonneaux de fruits macérés pour ne pas dire pourris, là encore on les voyait gouter au pied de l’alambic sans avoir le droit de participer ,sans trop de précautions les matières résiduelles partait dans le fossé qui rejoint la salmouille

chroniques de mon village  : janvry N°2 les zincs et le fer
chroniques de mon village  : janvry N°2 les zincs et le fer
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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 15:22
chroniques de mon village : janvry n°1 mémoires affectives

Une de nos conseilléres municipales ,m'interrogeant sur ceci ou cela de l'histoire de notre village m'a fait réaliser combien la mémoire était volatile et combien nous sommes de passage

je mesure aujourdhui combien j'ai oublié d'interroger mes parents sur notre histoire familiale et combien ceci a disparu a jamais

je me suis donc amusé a coucher sur le papier ces souvenirs qui me remontent ,je vais le découper en tranches inégales suivant la consistance et les publier au gré du temps

chroniques de mon village : janvry n°1 mémoires affectives
chroniques de mon village : janvry n°1 mémoires affectives

Mon village A force de me sentir jeune, je réalise que je porte désormais une partie de la mémoire de mon village, de ces anecdotes qui n’ont d’intérêt que pour une poignée mais qu’il serait dommage de perdre définitivement

Alors, rien n’est ordonné, mais je vais écrire comme cela me vient, trois lignes ou un chapitre suivant la mémoire

Comme je suis arrivé très môme ici, la seule grande activité que nous avions était de pêcher les goujons dans les douves du château je réalise avec le temps combien ces douves ont été centrales pendant toute une période, d’abord parce qu’il y avait des bistrots partout ,trois sur la place ,un en face de la mairie ,deux a mulleron et un a la brosse….

en fait la plupart des bistrots étaient stratégiquement installés près des fermes qui employaient des journaliers, jusqu’à 500 par jours a la belle saison des petits pois ,

main d’œuvre constituée essentiellement de clochards ramassés a paris par une société qui les ramenait a la demande des agriculteurs dans le village

Journalier, cela veut dire payé chaque jour, parfois a la tache effectuée, j’ai moi-même été payé au sac de pommes de terre ramassé, cela veut dire qu’a peine la paye touchée, ils filaient au bistrot pour étancher leur soif,

En 1955 le maire de la commune reçut une pétition des habitants n’en pouvant plus des corps gisants sur les places de la commune, du « stupre » et des vomis et excréments qui souillaient le village

Le château d’eau ,désormais rasé, rue du grand cèdre servait de prison municipale et de cellule de dégrisement

je me souviens de mr boussuge, garde champêtre avec lequel, j’ai quelques souvenirs qui perdurent et dont je parlerai plus tard, un double souvenir de ses tenues,de toile rugueuse grise et de velours marron côtelé, mais aussi de sa casquette de garde champêtre

Une époque où a la « grande ferme », comme a celle de la brosse, notamment, on vendait le lait sorti tout droit du pie des vaches le soir a l’heure de la traite chacun arrivait avec son bidon ,pot a lait en aluminium, a l’entrée de l’étable, il y avait ce mélange de parfums, certains diraient d’odeurs, du lait chaud, capiteux, presque fumant et celle du fumier, de l’odeur des bêtes, contraste étonnant entre ce blanc immaculé et une étable au sol par nature souillé ,pas de traite électrique dans ma mémoire, ni chez les larue ni chez les rousseau a la brosse

la "grande ferme" de janvry

la "grande ferme" de janvry

 L’époque aussi où la forge de monsieur joseph et surtout de son père battait son plein, mais voyait arriver la mécanisation celui qui remonte la rue du marchais en observant bien, découvrira des anneaux scellés dans les murs des façades des maisons qui remontent ainsi jusqu’ a la forge

car, en fait, le lundi matin ,sagement alignés le long de la rue et venues des fermes se trouvaient les bêtes qui avaient besoin d’un ferrage, ma jument est sans doute le dernier cheval que mr joseph a jamais ferré, dieu s’il avait une dextérité folle pour travailler le fer, mais pour le ferrage il avait un peu perdu la main ! et avait mis a ma petite jument des fers de cheval de labour comme si on avait chaussé une jeune fille avec des bottes de taille 48 !

La rue du marchais, le lundi matin devenait donc une sorte de foire de maquignons avec les bêtes attachées aux anneaux tout le long de la rue montante et les vachers et garçons de ferme a discuter en attendant leur tour

en haut on entendait battre le fer

A l’Age où je pêchais le goujon ,les tracteurs avaient pris le pas ,la rue avaient perdu ce rendez vous quotidien

chroniques de mon village : janvry n°1 mémoires affectives
chroniques de mon village : janvry n°1 mémoires affectives
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