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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 20:18
chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée
chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée
chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée

Les replis de ma mémoire m’ont fait quitter mulleron, sans évoquer la vallée violette qui plonge jusqu’à Fontenay 

chacun trouve une raison a ce nom ,celui qui me semble probable ,c’est que le sol sablonneux de la vallée a invité a la culture des asperges ,d’ailleurs on en trouve encore de nombreuses sauvages et que du coup quand les têtes pointaient, la vallée devenait …violette

C’est sur les coteaux de mulleron qu’il y avait de la vigne et qu’une piquette locale était produite ,en fait ,les ouvriers agricoles dans les fermes étaient nombreux et étaient nourris et logés 

ils « bénéficiaient » d’une boisson plus ou moins alcoolisée : le vin de la vallée violette ,mais aussi du cidre ou du poiré qui était produit avec des arbres plantées par le passé le long des chemins et des champs

le plus célèbre d’entre eux était le poirier des trois seigneurs qui était sur la route de la brosse sur le point culminant du plateau ,quand on regarde les documents anciens on mesure a quel point partout où l’on pouvait mettre un arbre fruitier, on le mettait pour satisfaire au besoin de consommation des fermes

Ces arbres fruitiers ont rempli un grand rôle pour la faune et la flore sur notre commune ,leur disparition a fait disparaitre les chouettes et tout la chaine alimentaire conséquente a la présence des fruits et des arbres en tant que refuge, idem pour toutes les mares qui constellaient la plaine et que le réseau de drainage posé dans les années trente par des ouvriers polonais en poterie de terre cuite a réduit de manière spectaculaire ,c’est ainsi que 90% des terres cultivables de JANVRY sont désormais drainées.

Terres si riches, bien drainées ,facilement cultivables sans qu’il soit besoin de les arroser que ,peu a peu,avec l’arrivée du machinisme agricole ,la culture céréalière a supplanté l’élevage

en quarante ans les troupeaux de laitières ont disparu ,les bœufs ont été remplacés par les tracteurs, les meneurs d’attelage, les garçons vachers ,les laboureurs ont disparu ,les prairies aussi,

la forge de monsieur joseph a cessé de parer le pied des bêtes

Me voilà encore parti de mulleron ! si j’ai parlé du puits magnifique et de sa pompe sur la place de mulleron ,je n’ai pas parlé du « centre d’art contemporain "

chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée
chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée

dans les années 70 ,un ancien préfet et des créateurs se mettent en tête de construire au « fond » de mulleron ,un ensemble maisons dont l’architecture et le but est de créer une sorte de communauté créative , c’est ainsi que sont arrivés pierre et vera zekely artistes internationalement connus, dont le fils a eu une carrière encore plus grande que sa mère en tant que designer et deux maisons ont été construites avec un style totalement différent du classique francilien ,

si celle de vera ,avec sa « peau » de bois ne s’identifie pas du premier coup d’œil ,celle que nous, enfants ,appelions la « soucoupe volante « est d’autant plus visible que l’urbanisation a gagné autour de ce concept architectural qui était a l’origine « posé » au milieu d’une clairière Blanche Tout en formes rondes, cette maison bio climatique avant l’heure disposait d’une piscine extérieure intérieure, pendant longtemps des cars de japonais sont venus l’immortaliser sur leurs pellicules nipponnes,elle est l’œuvre de l’architecte henri mouette et compte outre une salle a vivre deux chambres au rez de chaussée et deux chambres a l’etage

A mulleron ,les bistrots ont aussi fermés ,ils se faisaient face a face place de la fontaine a mulleron et bénéficiaient de la visite des journaliers mais aussi des malades tuberculeux de l’hôpital de bligny qui faisaient le mur par la porte nord de ‘l’hopital pour s’en « jeter un » ou deux ou trois ou quatre, comme le célèbre écrivain voyou résistant et truculent Alphonse boudard

A mulleron ,la rue du précédent tient son nom ,d’un adjoint au maire qui construisit une maison sans permis de construire et le maire en colère appela la rue qui y menait « la rue du précédent » pour rappeler que cela en créerait un,a chaque fois que l’on refuserait un permis a qui que ce soit

Pour terminer ,la route que nous empruntons communément pour aller a fontenay les briis est « récente » il existait un chemin qui partait du chemin de la vallée bergeotte et rejoignait fontenay et puis il y avait le chemin qui existe encore au fond de la vallée,

cette route « récente » a conduit a couper de très nombreuses parcelles, c’est dans la vallée violette que l’on trouve des orchidées uniques en ile de France

Le golf est une réalisation des années 1990 , le terrain a appartenu aux lambert des célèbres « ciments lambert » ,c’est une de ses poussières de l’héritage lambert que jean marie lepen n’a pas eu et que les frères lambert ont valorisé en obtenant de la municipalité de JANVRY le droit de défricher 15 hectares au moins de bois pour le golf et pour la création d’un lotissement de 15 maisons au nord de la parcelle

 

chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée

Le perroquet de mulleron ,il y a près de 20 ans sévissait dans la vallée de mulleron un perroquet blanc magnifique, cacatoès ,son seul défaut est qu’il s’attaquait aux encadrements de fenêtres avec son bec et les mettait en charpie,

c’était aussi l’époque ou existait une société de chasse dont les membres prolongeait la troisième mi temps assez longuement avant d’aller défourailler et où il n’était pas bon d’être chien ,chat ou quoique ce soit devant leur passage

Quelques savants ornithologues du village se sont émus du sort certain que subirait le perroquet blanc le jour de l’ouverture de la chasse aussi une course contre la montre a commencé pour capturer l’animal

nos vaillants tartarins sans fusils construisirent des nasses de toutes sortes ,s’affublèrent de camouflage dignes de snipers au Vietnam…. en vain

ils allèrent même jusqu’à acheter chez hediard des fruits exotiques hors de prix ,c’était  le temps où les mangues et autres kiwis ne tronaient pas dans les supermarchés

 c’était un spectacle jubilatoire de voir arriver le perroquet blanc se percher sur la nasse, observer le fruit suspendu a un fil au milieu du piège ,attraper le fil a travers le grillage ,remonter le fruit doucement et le déguster doucement et prudemment a travers les mailles puis s’envoler en faisant une aile d’honneur

,ils se réunirent bien des fois désespérés de la ruse de la bête et du calendrier qui inexorablement les rapprochait des prédateurs armés, jusqu’au jour où l’un d’eux eut une idée terrible, imparable, frappée au coin de la braguette : ils achetèrent a grand frais une femelle cacatoes, ils la placerent dans une volière avec une double porte, a peine installée, il apparut dans la frondaison et fondit sur la voliere ,la porte se referma sur sa liberté

c’est une histoire vraie qui pourrait être un conte de jean de la fontaine tellement on pourrait l’appliquer aux humains

chroniques de mon village : janvry N°7,mulleron au bord de la vallée

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Published by Christian SCHOETTL
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commentaires

Muriel 21/04/2015 09:04

Une chance d'avoir identifié le sexe de l'animal, ce qui n'est jamais évident chez les psittacidés(j'ai eu et j'ai toujours des perroquets dont le genre n'est pas assuré ! Mon actuel gris du Gabon s'appelle Oscar mais peut-être à tort !). Et que sont devenus ces cacatoès ? Ont-ils eu beaucoup d'enfants?

Christian SCHOETTL 23/04/2015 05:33

je ne me souviens pas de la suite....