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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 17:36

 

certains se souviennent peut être que le prefet de l'essonne avait poursuivi en référé la délibération de Janvry de ne pas appliquer la réforme des rythmes scolaires,certains se souviennent peut etre ussi qu'après un "remontage de bretelles" ministériel ,le prefet piteusement s'était désisté du référé quelques jours avant l'audience,

mais desistement du référé ne signifie pas desistement au fond et le grand bonheur c'est que notre affaire va donc être jugée par le tribunal administratif de versailes

nous avons donc ,désormais deux opportunités de gagner  : l'une au tirage a versailles ,l'autre au grattage au conseil d'état

 

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES MEMOIRE EN DEFENSE POUR : La commune de Janvry S.C.P. PIWNICA - MOLINIE

CONTRE : Le préfet de l’Essonne sur la requête n° 1307387-1 2

FAITS I.- Aux motifs que la semaine de quatre jours serait préjudiciable à la santé des écoliers, le Premier Ministre a adopté le 24 janvier 2013 le décret n° 2013-77 relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, qui prévoit pour l’essentiel :

- que l’enseignement sera dispensé dans le cadre d’une semaine de 9 demi-journées incluant le mercredi matin ;

- que tous les élèves bénéficieront de 24 heures de classe par semaine ;

- que la journée d’enseignement sera d’une durée maximale de 5 heures 30 et la demi-journée d’une durée maximale de 3 heures 30 ;

- que la durée de la pause méridienne ne pourra être inférieure à 1 h 30. Il est par ailleurs prévu que les élèves pourront accéder à des activités périscolaires (sportives, culturelles, artistiques…) destinées à contribuer à développer leur curiosité intellectuelle et à renforcer le plaisir d’apprendre et d’être à l’école.

Pour tenir compte de la charge supplémentaire que la mise en place du nouveau système allait faire peser sur les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale compétents, l’article 4 du décret a prévu que la réforme entrerait en vigueur à la rentrée scolaire 2013 mais que le maire ou le président de l’établissement public de coopération intercommunale avait la possibilité, au plus tard le 31 mars 2013, de demander au directeur académique des services de l’éducation nationale le report de l’application du décret à la rentrée scolaire 2014.

La commune de Janvry, exposante, est une petite commune de l’Essonne qui comportait, lors du recensement de 2010, 584 habitants et une école primaire publique.

3 Compte tenu de sa faible importance, elle ne comporte aucun centre de loisirs et les enfants scolarisés dans son école doivent être pris en charge, en-dehors des périodes scolaires, par le centre de loisirs intercommunal de Soucy à Fontenay-lès-Briis.

La commune ne dispose que de fort peu de services publics, sa sécurité étant assurée par la brigade de gendarmerie et le centre de secours de Limours et aucun établissement de santé (ni d’ailleurs aucun praticien de santé) n’étant installé sur son territoire.

Par une délibération du 5 mars 2013, le conseil municipal de la commune exposante, tenant compte de ce que la mise en place de la réforme des rythmes scolaires allait nécessiter des modifications dans l’organisation des services périscolaires de la commune et qu’elle allait avoir une incidence directe sur les finances locales déjà affectées par un contexte économique difficile et limitées par un budget contraint, a décidé à l’unanimité de solliciter des services du ministère de l’éducation nationale le bénéfice de la dérogation prévue par le décret afin de reporter à la rentrée scolaire 2014-2015 la mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires.

Cette dérogation lui a été accordée.

La commune s’est cependant heurtée à des difficultés pratiques insurmontables faisant obstacle à ce que la réforme puisse être mise en oeuvre dans de bonnes conditions lors de la rentrée scolaire 2014-2015 :

impossibilité d’organiser l’intervention d’animateurs compétents,

impossibilité de mettre en place le transport des enfants le mercredi vers le centre de loisirs intercommunal… Elle n’est par ailleurs pas en mesure d’assumer le coût résultant de la mise en oeuvre du décret litigieux, qui s’élève à une somme comprise entre 200 et 300 euros par enfant et par an, auquel s’ajoutent les coûts induits par l’augmentation des temps d’occupation des bâtiments scolaires.

4 C’est dans ces conditions qu’elle s’est trouvée contrainte, par une délibération de son conseil municipal du 7 octobre 2013 (prod. 2 annexée à la requête), de décider de ne pas appliquer le nouveau dispositif à la rentrée scolaire 2014. Par une requête enregistrée le 26 novembre 2013, le préfet de l’Essonne a déféré cette délibération à la censure du tribunal administratif de Versailles. Par une requête enregistrée le même jour sous le n° 1307109, le préfet a assorti son recours au fond d’une demande de suspension de l’exécution de la délibération.

Le préfet s’est cependant désisté de sa requête aux fins de suspension, ce dont le juge des référés lui a donné acte par une ordonnance du 11 décembre 2013.

C’est à la requête au fond du préfet de l’Essonne que la commune exposante vient défendre.

DISCUSSION II.- A l’appui de son recours en annulation, le préfet de l’Essonne soutient que la délibération attaquée méconnaît les dispositions du décret du 24 janvier 2013 relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires. Le moyen ne prospérera pas. Le décret du 24 janvier 2013 est en effet entaché d’illégalité, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de ce texte par la délibération attaquée n’est pas fondé.

5 La commune exposante a demandé au Premier Ministre d’abroger le décret du 24 janvier 2013 ; et elle a déféré au Conseil d’Etat le refus implicite opposé à cette demande. La requête est actuellement pendante devant le Conseil d’Etat sous le n° 375.828. III

.- Le décret du 24 janvier 2013 est tout d’abord illégal pour violation de l’article 72-2 de la Constitution, qui pose le principe de libre administration des collectivités territoriales. Il est en effet manifeste que ce texte ne donne pas aux communes les moyens nécessaires pour assurer normalement les nouvelles missions qu’il leur confie. Sur le fondement de l’article 102 de la loi du 2 mars 1982 et des articles 5 et 94 de la loi du 7 janvier 1983, le Conseil d’Etat avait déjà jugé que les transferts aux collectivités locales des compétences jusqu’alors exercées par l’Etat doivent être accompagnés du transfert correspondant par l’Etat à ces collectivités des ressources nécessaires à l’exercice normal de ces compétences, de sorte que ces ressources assurent une compensation intégrale, à la date du transfert, des charges résultant pour les collectivités locales des compétences nouvelles qui leur sont attribuées (C.E. 6 juin 1986, département du Finistère, p. 160). Le Conseil d’Etat avait en particulier décidé que la compensation doit inclure les dépenses obligatoires de toute nature destinées à mettre à la disposition des élèves les moyens nécessaires à leur éducation (C.E. 10 janvier 1994, Association nationale des élus régionaux et autres, p. 12). Cette règle d’équivalence entre les compétences confiées aux collectivités territoriales et la compensation financière qui doit en résulter est désormais consacrée par l’article 72-2 de la Constitution, aux termes duquel « tout transfert de compétences de l’Etat aux collectivités 6 territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice.

Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d’augmenter les dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la loi ». Le Conseil constitutionnel en a déduit qu’il appartient à « l’Etat de maintenir un niveau de ressources équivalent à celui qu’il consacrait à l’exercice des compétences avant leur transfert » (décision n° 2004-511 DC du 29 décembre 2004).

Ainsi, il ressort des textes et de leur application par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat que la compensation doit être intégrale, qu’elle s’apprécie exclusivement au moment où la compétence est dévolue à la collectivité locale et qu’elle comprend toutes les charges indispensables à l’exercice de la compétence transférée.

Au cas présent, le décret du 24 janvier 2013 a prévu une augmentation du nombre de demi-journées sur lesquelles sont réparties les 24 heures d’enseignement que comporte la semaine scolaire, ce qui aura pour effet de contraindre les communes à proposer aux enfants davantage d’activités périscolaires, dès lors que le temps de présence des enfants à l’école ne sera plus intégralement consacré à l’activité d’enseignement. Il sera à cet égard rappelé que le coût résultant de la mise en oeuvre du décret litigieux représente une somme comprise entre 200 et 300 euros par enfant par an, auquel s’ajoutent les coûts induits par l’augmentation des temps d’occupation des bâtiments scolaires. Dès lors que le fonctionnement des écoles communales, hors investissements et amortissement des locaux, coûte environ 500 euros par an par enfant pour les écoles élémentaires et 1.200 euros par an par enfant pour les écoles maternelles, la mise en place des mesures prévues par le décret litigieux se traduira par une augmentation de ce coût de 50 % pour ce qui concerne les classes élémentaires. Par application des règles précitées, il appartenait à l’Etat de prévoir la compensation des charges supplémentaires ainsi imputées aux 7 communes en leur attribuant les ressources leur permettant de les assumer.

Le décret, qui s’en est abstenu, est illégal.

IV.- Mais il y a plus. Ainsi qu’il a été indiqué ci-dessus, l’obligation dans laquelle les communes vont se trouver de mettre en place de nouvelles activités périscolaires liées à la modification des rythmes scolaires va les conduire à supporter des charges financières importantes. Cette obligation va également les contraindre à recruter, former et gérer de nouveaux agents afin d’assurer convenablement la mission nouvelle que le décret a mis à leur charge. Il n’est par ailleurs pas douteux que le recrutement de nouveaux personnels va créer un dysfonctionnement important des services communaux dont la structure, souvent réduite, ne permet pas d’assurer convenablement la gestion de nouveaux personnels. Or, le Conseil d’Etat a décidé, dans un arrêt commune de Villeurbanne du 6 mai 1996 (req. 165.286) que les mesures provoquant un bouleversement dans l’exécution des budgets des collectivités locales violent le principe de libre administration inscrit à l’article 72 de la Constitution. Tel est bien le cas du décret du 24 janvier 2013, dont l’application va perturber gravement le fonctionnement continu et régulier du service public de l’éducation et engendrer des dysfonctionnements coûteux pour les communes, et en particulier pour la commune exposante. 8

Ce décret est ainsi entaché d’illégalité et c’est à bon droit que la délibération attaquée a décidé de ne pas l’appliquer.

V.- Le décret du 24 janvier 2013, que la délibération attaquée a refusé d’appliquer, est encore illégal pour violation du principe constitutionnel de clarté et des objectifs de valeur constitutionnelle d’accessibilité et d’intelligibilité de la norme. En effet, le décret passe totalement sous silence l’obligation que son application va mettre à la charge des communes, consistant à assumer des activités périscolaires bien plus importantes que celles qu’elles avaient pu organiser avant son entrée en vigueur. Le décret prévoit ainsi un transfert de compétences en direction des communes, sans même évoquer un tel transfert. Il demeure de même muet pour ce qui concerne la scolarisation des enfants handicapés, pour laquelle il ne prévoit pas la nature des accompagnements et des structures particulières indispensables qui devront être mises en place par les communes. Il méconnaît ainsi le principe de clarté et les objectifs d’accessibilité et d’intelligibilité de la norme, en s’abstenant de préciser la teneur des obligations dont il prévoit le transfert aux communes. Le tribunal administratif constatera ainsi que le décret du 24 janvier 2013 est entaché d’illégalité et écartera en conséquence le moyen soulevé par le préfet de l’Essonne tiré de ce que la délibération attaquée a méconnu ce décret.

La requête sera rejetée. 9 PAR CES MOTIFS et tous autres à produire, déduire ou suppléer, d’office s’il échet, la commune de Janvry conclut à ce qu’il plaise au tribunal administratif de Versailles :

- REJETER la requête ; avec toutes conséquences de droit.

PIWNICA & MOLINIE Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation

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Published by Christian SCHOETTL
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commentaires

Patrick 08/07/2014 21:21

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/rythmes-scolaires/rythmes-scolaires-prof-animateur-votre-commune-applique-deja-la-reforme-racontez-nous_642143.html

Une petite enquête qu'il ne faudra pas oublier car les résultats sortiront à la rentrée.
A bon entendeur, salut...

Merci Christian, bon courage.

audrey 07/07/2014 23:55

http://fr.blastingnews.com/actualites/2014/07/la-reforme-scolaire-et-les-mercredis-boycottes-00109509.html

Franck 07/07/2014 23:53

Christian,
si tu peux encore envoyer un mémoire en défense, il y a un argument à développer associée à la notion de compétences obligatoire car c'est la dessus qu' ils vont attaquer:
les maires ont une compétences écoles obligatoire qui repose sur 2 fondements:
- l'obligation de fournir des locaux sur le temps scolaire et donc de supporter les charges de fonctionnement et de maintenance associées. Or, ouvrir le mercredi matin en plus implique obligatoirement des couts d'utilisation supplémentaires.
- compétences accompagnement notamment en maternelle avec les ATSEM qui devront faire 3h supplémentaire le mercredi matin sur du temps écoles et non périscolaire. Ces heures sup sont donc des couts induits par l' application du décret.
conclusions: l' application de la réforme engendre bien un transfert de charges sur les communes. La contrepartie de l' état n' étant bien évidemment pas à la hauteur des besoins nouveaux.

Patrick 07/07/2014 23:06

Bravo ! Débarrassez nous vite de cette réforme néfaste pour nos enfants avant qu'il ne soit trop tard. La rentrée est dans moins de 2 mois. Libérez nous ! Libérez toutes les communes de France !
Merci Christian. Courage. Vous êtes un vrai représentant du Peuple !

Bertrand Nathalie 07/07/2014 20:05

Bonjour Tout ceci est très intéressant. Cela a t'il déjà été exposé aux maires ? Pourrait il l'être ? Dans quelle instance pour qu'un maximum de maires soient là et qu il n'y ait pas de censure ? Y a t'il une date proposée par le TA ? En tant que parent notre champ d'action est réduit mais nous voulons soutenir au mieux les maires qui comme vous ont refusé et sont menacés par le préfet. Merci pour votre ténacité. Très cordialement.