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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 16:58

cela pourrait sembler de l'indécence ,mais il n'est jamais aisé de faire on deuil et l'on a envie de partager, de témoigner,c'est long peut être larmoyant ,alors n'hesitez pas a attenddre la publication suivante

vendredi, nous étions bien nombreux ,venus parfois de très loin pour accompagner ma mère auprès de mon père.

mes freres ,mes fils ont fait de magnifiques témoignages,cette émotion si forte de regarder ensembles avec le même cœur avec nos prismes personnels, sans avoir eu a nous concerter

si cela n'avait été "que" ma mère,je garderai cela dans le cadre de l'intime, mais toute sa vie ,elle a nous appris et mis systématiquement en pratique trois préceptes qui l'universalise :

enrichissons nous de nos différences ,a vous le décliner

il faut savoir être mineur et ministre

quelle que soit la gravité de la situation ,des rapports ,des choix, il faut savoir y mêler de l'humour et de l'autodérision

durant cette cérémonie ,je me suis fixé cette tache difficile ,qu'elle aurait voulu absolument, que des rires et des sourires illuminent la nef de notre eglise

n'effeuillons pas la marguerite

Ma mère vient de me glisser a l’oreille , « faites court ,j’ai toujours trouvé emmerdants les enterrements et encore plus le mien,et surtout pas de pathos , »

en fait elle trouvait ennuyeux tout ce qui était ampoulé, protocolaire dénué de cette petite touche d’absurde qu’elle aimait tant

en fait, comme d’habitude nous lui avons désobéi, comme elle nous a appris , nous sommes longs, car plus jamais nous ne serons jamais aussi nombreux autour d’elle avec la tentative désespérée de vous faire sourire au moins ,rire au plus,c’est ce qu’aurait souhaité ma mère pour qui le bonheur des autres était une croisade

depuis que je suis maire Lorsqu’elle était présente , je n’ai jamais résisté au plaisir de commencer un discours en disant « ma mère qui est une sainte »

Cette expression avait le don de la mettre dans des colères tendres,ulcérées, et moi c’était ma façon jubilatoire de lui dire ma tendresse et la conscience tout ce que je lui devais

J’aimerai dire cet après midi « ma mère qui est une sainte,’ dans le secret espoir qu’elle bondisse de sa boite pour protester, Mais aujourd’hui, je peux vous le dire ma mère n’était pas une sainte,

dieu lui-même n’est pas un saint, et vous me pardonnerez mon père ces propos dans ce lieu, dieu n’est pas un saint et tant mieux !

si nous écoutions les saints et que nous vivions la vie des saints , la vie serait terriblement ennuyeuse entre deux sourires béats et trois piafs perchés sur nos épaules, dans un monde couvert de fleurs blanches immaculées, limbés par une musique sans âme, Nous regarderions avec angoisse l’éternité qui nous attendrait, et l’éternité cela peut être tres  long

dieu n’était pas un saint ,il a mis de la couleur dans les fleurs ,il a inventé l’aigle,l’ours et le serpent et les moustiques qui vous piquent la nuit ,moustiques, qui n’existent pas dans la vie des saints,

En fait dieu a inventé la vie sous toutes ces facettes les plus lumineuses comme les plus sombres et ma mère était passionnée de cette vie là

ma mère était un orpailleur de l’âme , chez chacun d’entre nous ,elle savait deviner et trouver la pépite que nous enfermons au plus profond de nous-mêmes

combien d’hommes et de femmes j’ai vu venir a la maison, pour réparer une fuite, déposer un colis, juste dire bonjour, s’asseoir par politesse pour boire un petit porto et ouvrir leur cœur comme ils ne l’avaient jamais fait.

il y a les gens qui vous donnent la sensation que vous pouvez leur parler qu’ils ne vous jugeront pas , c’est rare

Mais ma mère allait plus loin, chacune des blessures de votre âme, chacune de vos failles que vous lui laissiez deviner la conduisait a vous aimer plus et a vous le montrer, c’était pour elle la certitude que le meilleur de ‘l’homme existe et que les plaies n’aspirent qu’a la lumière

une fois que vous vous étiez donné ainsi, c’était comme une drogue, le sentiment d’un moment hors du temps, non seulement l’absence de jugement mais un vrai amour exprimé par elle scellait une relation unique,privilégiée, exclusive et vous deveniez addictif a son magnétisme, a son empathie

nous, les enfants et encore ,il y a quelques semaines, nous enragions contre ces médecins qui étaient censés l’ausculter, qui s’asseyaient et qui…parlaient d’eux…essayant de ne pas oublier avant de partir de lui faire une vague prescription,

il y a quelques semaines, elle a été vexée car elle n’avait pas réussi a confesser le père luis romero, ici présent ,un exploit pour vous,mon père, et une humiliation pour elle !

si vous saviez ce que certains prêtres hypnotisés lui ont raconté dans sa vie , cela vous ferait rire ,je crois, dieu n’est pas un saint ,les prêtres non plus et c’est tant mieux !

nous avons été élevés par deux monstres sacrés, mon père et ma mère, aucun des deux n’aurait été ce qu’il était sans l’autre

n'effeuillons pas la marguerite
n'effeuillons pas la marguerite

 

les ombres familiales ont donné du contraste et fait plus belle lumière, ces deux là étaient le ying et yang ,avec tous les risques que cela comporte ,avec ses trous noirs et ses éclairs

L’un était un roc qui permettait a la folie de l’autre de s’épanouir,

l’extravertie faisait l’admiration de ‘l’introverti comme les nuages qui sont juste gris sans vent,et qui s’éclairent en courant dans le ciel quand le vent se leve,

ils ont mis quelques années a comprendre combien ils étaient mutuellement indispensables

Ma mère, cette émigrée a pris la france a bras le cœur,, lors de la guerre d’Espagne avec des faux papiers ,elle a fait sortir des prisonniers des camps d’argeles et d’ailleurs

Pendant l’autre guerre, cela a été résistance et les familles recherchées par la gestapo cachées un peu partout

Mais ce qui compte,comme dirait olivier, ,c’est pourquoi ,on fait ,

»juste pour partager la chance insolente que nous avons »disait elle

« Le bon dieu nous a fait naitre dans une famille aisée, avec des moyens pour partager la chance » Ma mère, la sorcière, menaçait mon père, superstitieux, de toutes les abominations et de la vengeance céleste si jamais il essayait de l’empêcher de tendre la main, d’ouvrir la porte et lui se rengorgeait a faire semblant d’avoir opposé une résistance de principe,

mon père ponctuait le spectacle de sa maisonnée par des « quel desastre » parfaitement réjoui et très souvent fier

Quand j’étais enfant, il y avait un fratrie issue de l’assistance publique qui était logée chez une nourrice comme on disait a l’epoque madame barra dans le bas du village de janvry , j’y passais mes week ends , un jour ,on a diagnostiqué un cancer chez marie christine ,la sœur ainée , elle avait mon âge, alors on a partagé la chance , ma chambre et mon existence,

elle a quitté janvry pour venir chez nous a paris sauf, qu’a elle, on lui a amputé un bras

ma mère m’expliqué » qu’il fallait partager la chance et faire vivre le maximum de belles choses a marie christine, et puis dans la chambre est arrivée aussi, nadia trouvée enfermée dans une cave, les deux  bras brisés par son père, venue partager la chance aussi

Vous savez les chats de gouttières c’est plus affamé de tendresse que les chats de races et cela donne a réfléchir aux chats de race

En fait que nous avons été élevés avec cette idée que si le bon dieu nous avait autant gâté ,c’était pour nous donner les moyens de tendre a la main

, vous ne pourriez pas me croire si je vous disais combien de fois ,des brutalisés de la vie sont arrivés chez mes parents et y ont vecu ,définitivement ,complètement, pendant dix ans,, vingt ans parfois

Partager la chance, parce qu’ainsi elle se multiplie

grâce a ma mère ,notre maison était une ruche bourdonnante, folle, où l’espagnol se mélangeait au francais et a un fragnol ,mélange des deux décodé par tous

grace a mon père la table était garnie et quelques règles respectées

elle a partagé la chance sans limite comme le jour où elle a confié ses clés de voitures ,en toute confiance,a deux braves gangsters qui sont allés cambrioler une banque avec ....,ce qui a réjoui profondément mon père et surpris ma mère qui mes trouvait si gentils

mon père et ma mère nous ont appris que quant tu tends la main a quelqu’un qui va très mal ,qui est au trente sixième dessous

, tu as réussi, le jour où il s’éloigne, le jour où il cherche a gommer les témoins d’une période où il était en faiblesse,

ce qui peut sembler de l’ingratitude est le signe de ta victoire

, lui ne sait pas que tes yeux le regardent avec amour et fierté , tes yeux lui rappellent ce temps où il était clochard, repris de justice, paria,

Quelques rares, arrivent a avoir la force de comprendre qu’il n’y avait qu’amour et envie de partager la chance

S’il y a un drapeau français sur ce cercueil, c’est que ma mère, l’émigrée, l’hispano-mexicaine a acquis la nationalité française en épousant mon père et nous a élevé dans la mémoire de nos racines, mais dans le culte de la France dans le culte de ce pays si fort qu’il peut élire une nouvelle naturalisée dans un conseil municipal et même en faire le maire de son village

Être maire de Janvry a été un moment immense pour elle, et là encore certains lui ont pourri la vie, parce qu’ils étaient dans les schémas caricaturaux de la bourgeoise qui s’occupe de bonnes œuvres, parce qu’elle n’avait pas assez de caractére, qu’elle ne savait pas dire non , je vous en passe…

a la maison nous étions témoins de ces blessures, certains ont ignoré ou voulu ignorer le mal qui lui ont fait et elle avait cette conviction folle du pardon des offenses,

ce désir absolu d’aimer et d’être aimer,

aussi a l’instant où l’occasion de tendre la main , la joue lui était donné ,elle le faisait et croyez moi chez nous cela donnait lieu a des discussions.... méditerranéennes !

je crois qu’elle aurait aimé avoir une fille, une belle fille c’est autre chose ,d’abord nous les avons très mal choisies, mais je crois qu’elle aurait aimé une héritière a qui confier ses secrets, a qui se confier, isabelle, tu étais un peu cela

elle avait une passion pour la culture ,pour l’intelligence bouillonnante, pour la fulgurance, c’est pourquoi fabrice ,elle t’a aimé des le premier jour, du haut de tes dix sept ans

je voudrai du fond du cœur remercier rosa , madame da costa et alicia qui toutes ces années l’ont soigné ,accompagné, protégé, veillé sur elle entouré de nuit comme de jour,bien audelà de leur fonction

 merci a son cercle d’amies ,toujours presentes sans le moindre compassionnel,merci a anne de barrau ,pour une attention quasi filiale

je vais bien être obligé de conclure, d'autant que ma mère trouve cela trop long, mais pas sans vous raconter deux ou trois anecdotes parce quelle aurait voulu que l’on rie ou sourie

sur sa capacité a écouter, il y avait ce monsieur qui venait tous les mardis soirs a 19 heures précises pour boire un wiskhy et lui raconter ses malheurs jusqu’a vingt heures précises, cela a duré 20 ans, ma mère nous a dit qu’au bout de 20 ans , elle lui aurait dit a la fin d’un de ces entretiens : « Moi,vous savez , je vais bien » « tant mieux, tant mieux « lui avait il répondu « et bien a mardi »

quand nous partions l’été pour deux mois en vacances ,le cérémonial était immuable mon père nous accompagnait au mois de juillet et la maisonnée était d’une taille raisonnable, raisonnable pour nous qui n’étions que 5 normalement ,cela vouliat dire pas plus d’une douzaine de personnes ,c’est a ce moment que se préparait le mois d’aout

Mon père et ma mère faisaient quotidiennement des courses et ma mère détournait de chaque marché en prévision du mois d’aout, saucissons, jambons et boites de conserves qu’elle venait cacher sous nos lits,

Pas un instant je ne crois que mon père ait été dupe de ces détournements et plus le mois de juillet avançait, plus nos chambres embaumaient d’un parfum d’épicerie italienne

fin juillet, a peine l’arrière de la voiture de mon père avait elle disparu derrière le dernier virage, que prévenus par je ne sais quel tocsin, « ils » arrivaient de partout,les amis ,les copains ,les copains des copains, les vacanciers sans toit,

et les effectifs journaliers pour les repas et pour le reste montaient a trente cinq, quarante, un mois de folie collective , de gens qui se réunissaient longuement pour définir une organisation sur les repas et l’intendance tandis que ma mère en souriant faisait la vaisselle

Toute la rigueur des horaires et du reste explosait et la maison de vacances était une sorte de chaos joyeux mais totalement indescriptible

Autant vous dire que moi ,enfant, il m’arrivait de renoncer et d’aller trouver un autre lieu pour dormir, le monopole de son propre lit ou de sa brosse a dent étant devenus des chimères

je pourrais vous raconter ce printemps de mai 1968 où devant cette église ,les pompes funèbres étant en grève, elle avait voulu transformer la méhari orange de mon frère en fourgon funéraire,et nous,ses fils , en croque morts

pour parler philosophie et religion c’était avec mon frère jean marc, pour la politique c’était jean eric et puis pour voyager c’était avec moi,une tentatvie de voyage au maroc avec jean marc ,où il l'avait oublié dans un hotel l'avait vaccinée definitivement, son premier voyage au Mexique ,nous l’avons fait ensemble, voyage totalement improbable sur lequel je passe car il nous faudrait une heure de plus,,

juste pour dire que nous y avions acheté une urne funéraire toltéque effrayante

, de retour en France quelques soucis frappant notre maisonnée ,maman a décidé que c’était l’urne qui nous portait malheur,

comme certains abandonnent leur chien, il fallait au plus vite se débarrasser de l’objet malfaisant,

nous l’avons ’accompagnée dans une expédition surréaliste : l’urne enfoui dans un grand sac la voilà qui se glisse dans les allées d’un petite épicerie qu’il y avait a gometz la ville et se débarrasse de l’urne toltèque derrière une pile de paquets de lessive,

une fois le forfait accompli, nous nous sommes enfuis comme des voleurs,après avoir effectué un achat alibi

les jours ont passé et les ennuis ont continué ,ma mère en a donc déduit que ce n’était pas l’urne toltèque et nous sommes retournés a l’épicerie demander si par hasard ils n’auraient pas trouvé une urne funéraire ....

,un vrai souvenir que le regard perdu de l’épicier mr bara de son nom qui nous a effectivement ressorti de dessous son comptoir l’urne toltèque

L’urne est retournée sur son étagère, j’observe que ma mère a vécu jusqu'à 95 ans et que l’épicerie a fermé depuis bien longtemps

juste une dernière , cette nuit ,ou, elle, maire respectable de sa commune, armée d’un immense feutre bleu , nous avait imposé de la conduire au carrefour du saint nicolas et se cachant dans un fossé a chaque passage de voiture s’est mise a peinturlurer une affiche publicitaire qui a invitait a visiter des maisons enchantées, après un travail laborieux et clandestin de la mairesse de janvry le panneau indiquait venez visiter les maisons hantées

tout cela pour vous dire que nous serons hantés toute notre vie ,par cet être fait d’humour,d’amour et de riz cantonnais,q que chacun comprend que nous portons un lourd héritage,que notre éducation explique quelues uns de nos travers mais nous oblige a une passion pour l’anticonformisme

 

n'effeuillons pas la marguerite

grâce a nos parents nous sommes ,naturellement ,une famille arc en ciel un peu mexicaine ,un peu allemande ,un peu bretonne, peut etre un peu arabe,très française, un peu asiatique, un peu africaine ,un peu juive ,un peu catholique et formidablement fier d’être tout cela,

Nos fâcheries sont latines, totales, apocalyptiques, mais nos parents nous transmis la passion pour cette folie qui s’appelle l’humanité

nous voudrions vous remercier tous d’être là , vous citer serait impossible mais quand même philippe son plus vieil ami remonté du pays basque car il lui avait promis de chanter ,nous savons l’effort que cela représente, olivier remonté de marseille, pierrette de valence, merci a rodrigo et pascale ,les mariachis pour la despedida, c’est un acte d’amitié a double titre merci a tous ceux qui ,parfois ne la connaissait qui travaillent depuis des jours pour que cette cérémonie ait lieu dans ces conditions

Merci a ma mère d’avoir eu cette ultime élégance de partir un jour de plein soleil comme elle l’aimait

chacun est reparti avec un petit sachet de graines de marguerite,merci pour l'attention,merci pour ce travail d'ensachage,de conception ,pour tout simplement l'idée ,merci pour ce  texte 

"a semer,pour continuer a s'aimer,un peu ,beaucoup ,passionnément ,tout comme marguerite"

n'effeuillons pas la marguerite

il y a quelques semaines ,j'avouais mon trouble quant a l'affection que l'on pouvait me porter ,estce de l'avoir exprimé ? mais je viens de tourner une page dans ma tête

sous le soleil couchant,ma mère a rejoint mon père,les mariachis lui donnant une dernière aubade et un ave maria qui nous restera dans le coeur

n'effeuillons pas la marguerite

et avec ce temps si doux,cette lumière si blonde,j'aurais eu envie que là bas a des milliers de kilométres ,dans l'hacienda familiale sonnent les cloches de l'eglise que mon arrière grand mère avait fait construire

n'effeuillons pas la marguerite

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Published by Christian SCHOETTL
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pio 13/03/2014 20:48

Je crois aux Femmes fées ! Où plutôt à « Gaëta mima » comme là nommait sa petite fille. Marguerite fait partie de ces belles âmes que l’on croise rarement sur son chemin. De ses âmes qui ne peuvent pas s’éteindre parce qu’elles vous habitent toute de votre vie, parce qu’un jour par la grâce de leur esprit elles vous font éclore alors que vous n’étiez qu’un semblant de « peau d’âne ». Marguerite ! La magie de son prénom fait venir mille pensées douces ; moments colorés et acidulés comme des gourmandises de vie. Elle avait ce don de se faire comprendre sans dire mot, juste par le prisme de son regard, elle avait ce charme envoutant de vous rendre complice de ces volontés bienveillantes. Elle avait ce sourire entendu souvent, qu’elle vous faisait partager sans contrepartie et accompagné d’un rire retenu. De cette humeur joyeuse malgré toute les contraintes de la vie qui dit : -« il faut être toujours respectueux des autres, mais c’est bien aussi de les déranger gentiment pour qu’ils ne s’endorment pas dans un confort anesthésiant ». Elle était un peu comme ce petit caillou qui se glisse dans votre chaussure, vous fait râler quelques minutes et vous oblige à vous arrêter sur le bord du chemin. Puis, lors de cet instant précieux pieds nus dans l’herbe et face à l’horizon dans une nature qui vous envahit, vous preniez conscience que ce sont souvent « les petites choses » qui vous semble incongrues à première vue, qui vous permettent de vous dépasser vraiment. Marguerite dont la pudeur s’annonçait souvent par ce « ô » inspiré de cantatrice – « Ô non ce n’est pas grand-chose ! », pensant avec humilité qu’elle se devait aux autres. Marguerite qui aimait le monde aussi sûrement que l’on a besoin de respirer, qui se prodiguait de façon vitale, débordante d’affection pour ses proches et à la fois les sollicitant pour atteindre ses objectifs de bienveillance. Marguerite avait ce pouvoir des fées, qui créaient une chaine de solidarité entre les uns et les autres quelque soient les opinions de chacun. J’avais fait sa rencontre pour la première fois au siècle dernier.
J’ai entendu sa voix pour la dernière fois en janvier de cette année 2014, lorsque je lui ai présenté mes vœux. Au bout du fil nous avons compris toutes les deux que ce serait notre dernier échange « terrestre ». C’est ainsi, il n’y a rien à dire, malgré toute l’affection que j’ai pour elle, je devais accepter que notre heureuse expérience se transforme et qu’elle puisse partir en paix. Elle ne se plaignait pas, faisait l’effort d’être encore disponible malgré sa grande fatigue et n’aurait sans doute pas apprécié que je la retienne à cette existence si bien remplie. Ce qu’elle voulait je pense, c’est que cette présence de cœur qui lui était si particulière se transmette au travers de toutes celles et ceux, sur qui un jour, elle a porté son regard accueillant. Alors, je lui ai dit ces quelques mots qui l’assurent de toute ma reconnaissance et fais comprendre que je pérenniserai ce don qu’elle m’a, comme à beaucoup d’autres, généreusement transmis. Nous protons désormais cet héritage d’humanité, de son humanité à elle, dont chacun(e) de nous doit être le garant par respect pour cette Femme exceptionnelle. Je ne sais pas encore si je serai à la hauteur, mais ce que je sais c’est qu’avec elle dans mon cœur, comme dans le tien Christian et celui de beaucoup d’autres, nous avons toutes les chances de pérenniser la présence infinie de Marguerite. Pio

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aline 11/03/2014 10:27

votre texte m a bcp émue
parfois on a les mots qu il faut parfois pour exprimer ses émotions ..
le silence ce que j ai au moment ou je vous ecris ,
vous avez la chance d avoir eu maman exceptionnelle
son souvenir restera gravé dans chaque génération et toutes les personnes qui l on connu ....

patricia 10/03/2014 19:20

madame barra.................... et oui. belle page d écriture...........